Féminisme: elles se lèvent, qu’ils se cassent!

« La radicalité victimaire – “les activistes néo-féministes nous mènent tout droit à un monde totalitaire qui n’admet aucune opposition” dit Élisabeth Badinter - fait du dégât, à défaut de favoriser le débat ». Ce n’est pas Valeurs Actuelles, c’est le Canard Enchaîné, et c'est ce qu’on peut entendre dans la plupart des médias. Leur mot d’ordre : le féminisme va trop loin ! Ah bon ?

Il faudrait donc croire que, dans le domaine des droits des femmes, tous les problèmes seraient désormais réglés… 

Cependant… la nomination de Darmanin, accusé de viol par deux femmes et réac’ opposé au mariage pour tous, au poste de ministre de l’intérieur, et de Dupont-Moretti, avocat viril habitué des diatribes antiféministes, à la justice, a créé, en juillet dernier, une onde de choc, entraînant des manifestations, nombreuses, qui ont rassemblé des milliers de femmes, partout dans le pays.

A la suite d’une de ces manifestations, sur le parvis du palais de justice de Nice, nous avons voulu enquêter : la place des femmes dans nos sociétés est-elle si idyllique que celle que beaucoup, sur les plateaux télé et dans les journaux, se plaisent à décrire ?

Avocate, militantes, étudiantes, artistes, travailleuse sociale auprès des demandeuses d’asile, toutes dressent le même constat : en France, les résultats concrets de #MeeToo, du combat médiatisé d’Adèle Haenel et du texte très partagé de Virginie Despentes, « on se lève et on se casse ! », se font encore attendre. L'autoproclamé « pays de la galanterie » laisse encore aux femmes, dans les domaines de la culture, de la politique, et dans la société en général, une place secondaire, corvéable - invisible.

En terme d’égalité, dans les comportements quotidiens, dans les lieux de pouvoir, dans la prise en compte des violences de genre, tout reste à faire. Et ce n’est pas faire preuve d’une chimérique « radicalité victimaire » à visée terroriste que de le souligner.

Il est urgent de comprendre la légitime colère des féministes quand elles se rassemblent, manifestent, crient, débattent, sont en colère : les causes d'hier sont malheureusement toujours celles d'aujourd'hui.

Elles se lèvent : qu’ils se cassent !

Retrouvez notre doc, d'une trentaine de minutes, ci-dessous, avec des entretiens réalisés par Ariane, Stéphane et Macko Dràgàn sous la caméra bienveillante de Bob. 

Aucun exemplaire de Nice-Matin n'a été blessé ou maltraité durant le tournage.

Féminisme : elles se lèvent, qu'ils se cassent ! - Télé Chez Moi et Pilule Rouge © Tele Chez Moi

Ce reportage a été réalisé par Pilule Rouge, Creative Queer et Télé Chez Moi, partenaire et membre du journal Mouais, média indépendant. Vous pouvez nous soutenir en vous abonnant à notre mensuel papier, pour la somme ridicule de 22 euros par an : https://www.helloasso.com/associations/association-pour-la-reconnaissance-des-medias-alternatifs-arma/paiements/abonnement-mouais

Avec Mathilde, Zoé, Florence, Mireille, Nicole, Fafé, Fiorenza, Juline, Adèle

Musique La Petite Dernière "Mercedes", "Zbing !", "Alcool et cigarettes", "Tapovska Georgiaskaia"

merci à Mathilde, Emma et Fiorenza pour leurs engagements

Merci à Collectif droits des femmes 06, Tou.te.s Uni.e.s Nice, Habitat et Citoyenneté, Collectif Unlocked Women, Librairie Vigna LGBT, 109 – l'Entrepont, Brasserie Lou Pastrouil

Merci enfin à tou.te.s les participant.e.s pour leurs généreux témoignages, leurs sourires et leurs optimismes.

+ de docs sur www.telechezmoi.com

 

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