Les médias alternatifs ont besoin de vous

Comment défendre ce IVème pouvoir sans lequel il n'y a plus de liberté ? Nous devons nous retrousser les manches, même si la tâche semble démesurée. Multiplier les collectifs, mettre notre grain de sel un peu partout. Mais pour que ces structures indépendantes, ces revues autogérées, cette presse libre & locale, existent, il faut les soutenir : en s'abonnant, par exemple.

Le journalisme n'est pas à la fête

Peut-on faire confiance aux journaux « neutres », « objectifs » et « impartiaux » alors qu'une poignée de milliardaires possède 90 % des médias français, à l'heure où l'éthique journalistique est questionnée par le peuple, où plus d'un Français sur deux ne croit plus en la télé-radio-presse, où le pays est en état insurrectionnel et où les citoyens expérimentent la désinformation de masse ? Daniel Schneidermann (Arrêt sur images) explique que « si la presse en général ment, ce n'est pas par désir conscient d'enfumage, [mais] par fonction [qui] est de préserver l'ordre des choses, ordre économique, ordre politique. (…) Des journalistes auto-persuadés de leur honnêteté peuvent, au total, fabriquer une presse mensongère. »

Le capitalisme flétrit tout ce qu'il touche, Olivier Goujon en fait la démonstration dans Ces cons de journalistes (éd. Max Milo, 2019). L’intérêt général, bon ouais ça existe, mais il y a les milliardaires, les annonceurs et les actionnaires, il y a les crises, le manque de moyens, la chasse aux coûts comme partout, la baisse des ventes, la robotisation... Le métier s'est précarisé. Alors que les journalistes avaient feuilles de salaire, certificats de travail, carte de presse, commandes signées et frais payés, nombreux sont aujourd'hui pigistes-auto-entrepreneurs. La rémunération de la pige se fait au feuillet, à la ligne, au signe, sans tenir compte du temps passé à enquêter, interviewer, de la difficulté du sujet, des connaissances indispensables, du temps d'analyse. La précarité peut conduire à oublier les règles déontologiques quand on espère gagner 500 € dans le mois.

Leur idéal ? Un journalisme sans journalistes !

Les Niel-Arnaud-Bolloré sont moins intéressés par le journalisme que par le pouvoir d'influence que les journaux exercent. Robert Hersant (éditeur de presse français) déclarait même : « Quand je rencontre la première fois la rédaction d’un journal que je viens d’acheter, je demande aux journalistes la permission d’aller pisser. La deuxième fois, je vais pisser sans rien dire. La troisième fois je leur pisse dessus. » Leur idéal ? Un journalisme sans journalistes ! 70 % des nouveaux encartés en 2018 sont des pigistes et CDD. L'immense groupe Reworld, premier groupe de presse magazine français (Science & Vie, Closer, Auto-Moto, Télé Star…), a même réussi à vider les magazines de leurs journalistes, produisant de la « junk news » où les rédacteurs en chef sont « directeurs de marques » et les contenus produits par des agences telles WeTV, Com'Presse ou encore RelaxNews (des start-ups qui font bosser des pigistes stagiaires malgaches ou marocains).

 La technique des milliardaires est toujours la même : on rachète un titre de presse, on déménage les salariés dans des locaux moins chers, on vend les actifs, on démoralise les professionnels tout en leur offrant une clause de cession qui les incite à partir avec des indemnités, on pousse les derniers journalistes à la faute pour les virer promptement, puis on les remplace par des stagiaires et pigistes malléables. Selon les études de la Commission de la Carte d’Identité des Journalistes Professionnels (CCIJP), nous avons perdu en France 7 % de journalistes actifs en dix ans, la presse écrite a perdu environ un tiers de ses effectifs tous emplois confondus depuis 2009.

Alors que faire face aux équarrisseurs, dépeceurs et bourreaux du métier ? Comment défendre ce IVème pouvoir sans lequel il n'y a plus de liberté ? Nous pouvons toujours nous retrousser les manches, même si la tâche semble démesurée. Multiplier les collectifs, mettre notre grain de sel et notre poil à gratter un peu partout et, surtout, y prendre du plaisir. Alors créons ou rejoignons des structures indépendantes, en auto-gestion, avec nos petits moyens, et construisons-nous sur un air de fête !

Mais pour ce faire, nous avons aussi besoin de vous. C'est pourquoi nous vous demandons : Soutenez la presse libre locale : abonnez-vous à MOUAIS ! 22 euros seulement par an ! Sans que cela soit une injonction, mais plutôt une incantation charmante à vocation subversive et émancipatrice, en tous les cas, en théorie... quoique.

Bref, pour seulement 22€ petits euros, et 5 minutes de patience pour faire la démarche muni.e.s de votre morceau de plastique préféré (on parle pas de préservatif), cliquez sur ce lien magique et faites le grand pas, pour plein de grands matins mensuellement illuminés par notre prose saisissante, saignante ou à point, comme vous préférez. Parce que notre petit journal gentiment alternatif, et 100% bénévole, afin de pouvoir continuer à vivre, a besoin de vous.

Et si cela vous tente, vous avez aussi aussi la possibilité d'envoyer un autographe chèque de 22€ avec vos coordonnées à l'adresse suivante : Association pour la Reconnaissance des Médias Alternatifs, 20 RUE DE LA CONDAMINE, 06300 NICE.

On vous aime aveuglement, mais notre amour sera alors infini.

https://www.helloasso.com/associations/association-pour-la-reconnaissance-des-medias-alternatifs-arma/paiements/abonnement-mouais

Texte : Bob (édito du Mouais #4)

Si vous souhaitez voir à quoi ressemble notre travail, tous nos numéros sont accessibles en lignes sur mouais.org et sur le lien Calaméo suivant: https://fr.calameo.com/account/book

Et n'hésitez pas bien sûr à vous abonner à tous nos petits camarades de le Ravi, CQFD, Reporterre, Bastamag, Ballast, Arrêt sur Image, etc., bref tous les médias aternatifs du pays !

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