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Tout un peuple sur une paillasse. Avec au-dessus de lui, un directeur de labo et des chercheurs. Autrement dit un sorcier et ses apprentis. Un labo avec des hommes et des femmes de tout bord. Avec des accords et des désaccords. Le directeur pire que les autres ? Non. Juste qu’il a plus de pouvoir. Et force et le reconnaître une très grande intelligence tactique et stratégique. Telle ou tel apprenti-sorcier-sorcière - quel que soit son bord - serait peut-être pire que lui à sa place. Tous des pourris ? Non. Certains et certaines sont sincères et honnêtes. Des hommes et des femmes qui œuvrent pour l’autre et le progrès. Tenter serait un terme plus approprié. Mais la sincérité et l’honnêteté ne sont pas des valeurs très cotés dans ce labo. Quels que soient les origines des dirigeants, on arrive chaque fois à un objectif principal : toujours plus pour les mêmes, toujours moins ou pas assez pour les autres. Dans tous les cas, les cobayes n’ont pas grand-chose à faire. Si ce n’est suer, voter, consommer. Le reste du temps, les cobayes sont toujours entre les mêmes mains. Décidant de leur destinée. Rien de nouveau sous le ciel de France. Et de la planète. Le peuple est une souris de labo. Pour améliorer la recherche ? Non. Améliorer le train de vie d'une minorité. Même au prix du vivant.
S’en échapper ?
Impossible.
Pourtant, il le faut. Vital pour chaque être de s’enfuir du grand labo. Pourquoi ? Parce que c’est la seule solution pour leur échapper. Sinon, vous leur appartenez, de la naissance à la mort. Ce qui rentre dans votre estomac et votre tête est décidé dans ce labo. Bien sûr, on peut décider du contraire. En effet, c’est possible de filtrer ce qui rentre dans son ventre et dans son crâne. Sélectionner. Mais c’est très difficile. Parfois, concernant les nourritures de sa tête, on a l’impression d’être libre ; en effet, on a choisi ses sources d’infos, des radio, des télés, des journaux, des livres, des spectacles - ne serait-ce pas un autre labo avec des cobayes soit disant plus cultivés que la moyenne ? La question se pose quand on voit certains et certaines évoquer leur radio comme d’autres leur lieu de culte et religion. Les « intégristes culturels » existent aussi. Juste un autre registre de fanatisme. Important donc aussi d’échapper aux « labos choisis ».
Bien beau d’énoncer, mais comment faire concrètement ? Je n’ai pas de réponse. Et personne ne l’a. Sauf les sorciers de tout bord et leurs apprentis. Elles et eux vont apporter une réponse. Même si c'est une enveloppe vide. En réalité, pas de règle pour s'enfuir du labo. Si ce n’est la sienne. Elle est unique. Irremplaçable. C’est vous qui déciderez de fuir le labo global partagé avec toute la population du pays. Sortir discrètement. Puis vous enfoncez dans l’ombre. De plus en plus. Hors de portée de tous les radars, visibles et invisibles, proches ou lointains. Aller encore plus loin. Jusqu’à vous retrouver au plus profond de votre histoire. Inexpulsable. Loin, très loin de tous les scalpels idéologiques, religieux, psy, et autre gavage - plus ou moins bienveillant - d’être. Enfin se retrouver dans son propre labo. Sans famille, dieu, maître, maîtresse, coach, politiques, journalistes, et tous les autres marionnettistes de nos histoires individuelles. Nous assignant dès l’enfance à des rôles, des couleurs de peau, des sexes, des religions, des pensées, des « tu seras ça, mon fils, ma fille» , etc. Que devient-on dans ce chantier d’ombre ? Quel est ce nouvel être loin de la « paillasse contemporaine » ? Marionnettiste de sa solitude.
Loin d'être le seul à avoir écrit sur la trouille de l’arrivée de « l’extrême nuit ». Parfois deux billets par jour. Trop de texte tue le texte ? Sans doute des ratages, des imperfections, du blabla, du radotage, etc. Rançon de l’écriture à chaud. La prétention de croire que sa parole a de l'intérêt ? Sans doute plusieurs raison mêlées à cet excès de billets de blog. Néanmoins indéniable qu’il y a eu une vraie fracture nationale. Comme dans d’autres siècles. Le nôtre n'y a pas échappé. Avec notamment la fracture nationale - encore des dégâts-divisions aujourd'hui - après l'assassinat des Charlie. Plus en suivant tous les autres attentats terroristes. Des votants d’extrême droite et des Ni Ni voulant venger Charlie et tous les autres victimes des attentats ? Ne pas oublier non plus les gilets jaunes. Une fracture nationale avec – sans jeu de mots – des amputations et des énucléations. Un vote de vengeance des gilets jaunes ? Naturel qu'il y ait nombre d'interrogations sur ce qui vient de se dérouler. Une brusque poussée de fièvre sur tout le territoire français. Avec des sortes de bouffées délirantes nationales. Des interrogations persistent. Les doutes, les inquiétudes, les incertitudes, et les tensions, sont toujours dans l’air. Le plombant encore. Cependant avec un peu plus d’oxygène. Avant la prochaine asphyxie républicaine ?
De la servitude volontaire. Un texte qui m’est souvent revenu en mémoire ces derniers temps. En pensant à toutes les servitudes volontaires et involontaires depuis la naissance de l’humanité. Une liste à rallonges. Les servitude involontaires, donc subi, sont beaucoup plus facile détecter. Elles sont le plus souvent visibles. Avec la possibilité de les désigner et de les combattre. Sans malheureusement toujours réussir à s’en libérer entièrement. Elles laissent bien souvent des petites ou grandes traces dans une histoire. En tout les cas, les servitudes subies ont le mérité d’être plus ou moins claires. Avec la possibilité de lutter contre. Contrairement à la servitude volontaire. Beaucoup plus complexe à combattre. Certes pas un scoop. S’en libérer est le travail de toute une existence. Sans certitude d’y parvenir. Mais à l’impossible, nul n’est pas autorisé. Tout ça est du ressort solitaire. À chaque être, son chantier de décolonisation de l’intime. Hors des regards officiels.
Comment fuguer au moins de temps en temps du labo ? Nous avons tous et toutes nos méthodes et outils. La meilleure façon de fuir la paillasse est celle qui permettra qu’on puisse respirer. Un peu, beaucoup, passionnément. Ne plus être sous le respirateur du labo. Pour ma part, j’ai un outil. Il ne prend pas beaucoup de place. Un outil-véhicule. On peut le trouver partout sur le territoire. Et même en virtuel. S'acheter souvent cet outil dans toutes ses déclinaisons ? Une pratique courante pour certains et certaines. Mais pas pour les bourses qui ont des priorités quotidiennes ? C’est mon cas. Mais en France, il existe une solution pour avoir accès à cet outil, sans débourser d’argent. En tout cas indirectement. En effet, cet outil coûte à la collectivité. Et donc aux contribuables. Un outil qui a bien sûr un coût. Comme un stade de foot ou de rugby, un terrain de tennis, une piscine, une patinoire, un café communal, une salle de spectacle municipale… Et d’autres espaces communs dans les villes et villages de France.
Quel est le lieu où l'on peut emprunter cet outil. C'est un très bon antidote à ce que nous subissons dans le labo des cyniques ( pas tous et toutes). Quel est le but des petits et grands apprentis-sorciers ? De nous faire penser droit, voter droit, acheter droit, baiser droit, écrire droit, filmer doit, rêver droit... Jamais d'histoires hors des caméras du labo. Ce petit outil peut vous libérer. En vous ouvrant un autre chemin. Sortir de votre parcours habituel. Hors des regards des sorciers de la République. L'adresse ou le lien où l'on peut se le procurer ?
La bibliothèque ou la médiathèque. Et bien sûr en commerce, à la librairie. Partout en France. Grace à une loi du siècle dernier, les librairies indépendantes peuvent survivre. Le seul commerce qui fait voyager sans empreinte carbone. Ni embouteillage, ni cohue à la gare, ni fouille à l’aéroport… L’agence de voyage la moins chère du monde.
NB : Voici deux de mes derniers outils pour fuguer du labo. En ce moment, de plus en plus la poésie pour échapper au scalpel du cynisme et de l’inélégance ambiante. Si vous avez d'autres outils de fugue, n'hésitez pas à les proposer...