Mouloud Akkouche
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Billet de blog 15 mars 2015

Mes premières vacances en famille

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© Auteur de la photo non crédité

  On hait les autres, parce qu'on se hait soi-même. 

                                                     Le Métier de vivre, de Cesare Pavese

                Cette nuit, j'ai cramé ma quinzième bagnole. Moi je trouve ça michto[1] une bagnole en flammes. Pourtant je pouvais pas supporter ça quand j'avais trois piges. Je chialais quand j'en voyais une qui cramait sur le parking. Pour moi, c’était comme une boule de flammes tombée du ciel. Mort de trouille pour notre famille. Mes grandes sœurs se foutaient de moi. Elle me faisaient croire que le ciel allait s’écraser sur la cité. Et je me remettais à chialer et gueuler. Ma daronne me prenait dans son lit. Elle me caressait la tête jusqu'à ce que je me rendorme. A chaque fois, je faisais des cauchemars.

              Plus un gosse maintenant. J'adore ça. Et je suis pas tout seul à aimer en cramer  dans le quartier. On fait des concours avec les autres cités de la ville. On s'envoie les scores par SMS. Moi, je débute. Pourquoi on fait ça ? J'sais pas. C'est comme spectacle à  nous. Et en plus ça passe à la télé.

          D’habitude, je me fais jamais serrer quand je fous le feu à une bagnole. Je suis le plus rapide  à la course du quartier. Le prof de gym du collège voulait toujours que je fasse des compètes. J’ai même eu des coupes mais j’aime pas porter un maillot. Et pas envie de me lever le dimanche matin. C’te nuit, les schmits[2] m’ont chopé avec le briquet à la main. Pourquoi rester sous l’abribus à mater les flammes ? Ma quinzième bagnole brûlée.Toutes façons, je crains rien. A 12 piges,on va pas en zonzon.

         La cellule croundave[3]. Putain! Vraiment crades ces schmits.Y pourraient au moins nettoyer. Je suis tout seul. Y a des mecs qui ont écrit des trucs au mur. Surtout des noms et des dates. Ca me fait plaisir de lire « Les ruffillons en faurce ». C’est mon quartier. Super fier d’être là. Maintenant, je suis un vrai lascar. Y en un qui a mis « Celui qui me lit est un blaireau comme moi». Pourquoi il a écrit ça, lui. N’importe quoi ! Parle pour toi. Je suis pas un blaireau comme toi. Moi, je suis malin.

           Quand je vais rentrer à la cité, je vais être le roi. Y vont tous venir me voir et me demander de raconter.  Pas un jour comme les autres pour moi. Première fois que je suis serré au commissariat de la ville. La classe.

     Un lascar ouvre la porte. Je lève la tête. Où je suis? J’ai dû m’endormir. Je me lève. Cette odeur, je suis sûr qu'elle est sur mes fringues.Y se croit dans Bracos ou quoi ? Son pouchka[4] à la ceinture comme  à la télé. Qu’est-ce que j’ai envie de lui prendre. Avec ça, personne t’emmerde.Tu marches peinard dans la rue et la galerie marchande. Tu vas où tu veux. T'es libre. Faut vite que je m’en trouve un. Avec ça, t'es le roi du quartier.Un vrai bonhomme. Respecté et tout.

         Y pose la main sur mon épaule. Je la pousse. Y se prend pour qui ce blaireau? Pas mon daron. Ni un pote. J’aime pas les schmits, une sale race.faut tous les fumer. Surtout ceux de la BAC. J'ai la haine contre eux. 

         On passe dans un couloir et on monte un escalier. Ca croundave moins que dans la cellule. Je lui demande au mec si je peux récupérer mon portable pour prendre une photo. T’es pas au club med mon gars, ici ! Puis il me prend vachement fort par le bras et me tire pour que j'avance. Je crois que je l’ai vénere[5]. Eh ! Doucement. J'suis pas ton clebs. Son pouchka me fait vraiment kiffer. Juste tendre la main pour le prendre. 

         On rentre dans un petit bureau avec une fenêtre. C’est quoi ce parfum de merde ? Y a une femme assise derrière une table avec un ordi. Son portable sur la table est naze de chez naze. Je croyais que ça existait même plus des téléphones comme ça. Mon I-Phone à moi c’est la classe. Pas comme son truc tout pérave[1]. Je la plains. Elle tafe et peut pas s'acheter un bon téléphone.

      On dirait ma prof de français de sixième. C’est une bombe. Elle est bonne ! Jamais vu une schmit aussi bonne ! Je la défoncerai bien. Elle me montre une chaise. Qu’est-ce qu’elle croit ? Pas une gonzesse qui va me dire ce que je dois faire.

         Le schmit derrière moi m’écrase les épaules. Je serre mes muscles.Y réussira pas à me faire mettre le cul sur cette putain de chaise. Je fais ce que je veux, moi. Si je veux rester debout, je reste debout. Il a une putain de force. Ok sale schmit, je m’assois. De toute façon, je suis crevé. Y reste debout derrière moi. Ce fils de pute, je le fumerai un jour.

         Elle me demande mon nom, prénom et ma date de naissance. Je lui réponds. Elle tape sur son ordi. Le gros gaulois du sixième qui a fait dix piges de hebs[6] m’a dit tu donnes  que ton nom et après tu fermes ta gueule ou t’invente des conneries. Même à l’avocat, faut pas trop parler. Moi, quand je baratine, ça se voit sur ma tête. Ma daronne sait tout de suite quand j’essaye de l’embrouiller. Je vais me taire. Pas répondre à leurs questions.

         Ses yeux bleus,on dirait la mer. Je vais la voir demain. Avec toute la famille, on part demain en Algérie. Première fois que j’y vais. Mes sœurs y sont déjà allées. Moi et mon p’tit frère on va qu’en colo; toujours la même au bord d’une rivière. On retrouve les potes du quartier. On fait comme ici, mais au moins on peut pêcher. J’aime bien ça la pêche. Ma daronne dit chaque été que c’est trop cher pour qu’on parte tous au Maroc. Je sais bien qu’elle choisit les sœurs parce qu’elle vont pas foutre le  bordel au bled. Paraît qu’y rigole pas là bas.

          Cette année, mes darons ont mis assez de caillasse[8] pour qu’on y aille tous. Première fois que je vais voir mes cousins et mes deux grands mères. Et la maison que mon père contruit là-bas. Plein de trucs à voir. Tout ce que je vais avoir à raconter aux potes. Et  aussi me jeter  dans l’eau de la mer. Même pas je me déshabille. Ceux qui restent tout l’été dans le quartier, on les appelle les «chlorés ». Paraît que la mer est plus chaude que la piscine.

         Pourquoi elle s’énerve ? Elle arrête pas de me dire « ça va mal se passer si on échange pas tous les deux ». Je suis pas son pote, moi. Qu’est-ce qu’elle veut que je lui échange ? Y m’ont même chouré ma ceinture et mes lacets de chaussures. J’espère juste qu’y ont pas bousillé mon I-Phone. Celui-là, j’ai eu du mal à l’avoir. Dernier modèle.

       La schmit devient de plus en plus rouge. Comme ma daronne avant de m’en coller une. Elle, si elle me touche, je la fume. Y a que ma daronne qui a le droit de mefrapper. Pourquoi y mettent des gonzesses chez les chmits. C’est un taf de bonhomme, ça. Moi, si j’ vis un jour avec une gonzesse, elle tafera pas. Moi qui ramènerai la caillasse.

       Elle me dit que le lascar à qui j’ai cramé la bagnole va arriver au commissariat. J’m’en bats les couilles d’ce blaireau. Demain, je serai sur la route, direction la mer. Des mois qu’on attend tous ça chez nous. Peut-être même des années. Le daron, y bosse comme un bourricot, pour qu’on puisse tous partir ensemble. Il arrête pas de se taper des heures sup. Le toubib lui a dit de se reposer mais, même avec 40 de fièvre, le daron ira chafrave[9]. Jamais en maladie.

         Le téléphone sonne. Elle le prend, se lève, et regarde par la fenêtre. Quel boule[10] ! Comme dans les films qu’on mate quand y a personne chez mes potes. Moi je veux pas qu’y ait des films comme ça chez nous. La honte ! Imagine que le p’tit frère et les  sœurs tombent dessus. Ou même les darons. Jamais de la vie y aura un film comme ça chez nous. Si le p’tit frère en ramène un un jour, je lui explose la tête. Les films de boule c’est chez les autres. Pas ça chez nous.

         La schmit a changé de voix. Sûr qu’elle parle à un cravaté ou quelqu’un d’important. Je sais bien que les gens y parlent pas pareil à tout le monde. Au collège ou dans la rue, pas les mêmes mots pour tout le monde. Je vois bien comment ma daronne parle avec la CPE. Elle baisse toujours un peu la tête et répond pas beaucoup. On dirait qu’elle a peur de ses mots. Les schmits, pareil, y nous parlent pas pareil à nous qu’aux grands. Surtout quand le mec est bien sapé, comme les gens de la mairie qui viennent  voir les gens dans la cité. Je comprends pas pourquoi on change comme ça. Moi, je parle pareil à tout le monde.

         Encore ma daronne qui va venir me chercher. Le daron vient jamais quand je me fais serrer dans le local des vigiles de Carrefour. Elle est balèze la daronne. J’sais pas comment elle fait mais elle embrouille toujours les lascars de la sécurité. Elle leur dit qu’elle comprend pas pourquoi j’ai fait ça, je suis un bon élève et un bon fils…. On dirait qu’elle fait du théâtre et qu’elle parle d’un autre que moi. Son fils dans ses rêves.A la fin, c’est presque si les mecs me laissent pas me barrer avec ce que j’ai essayé de chourave. Et dans la rue, elle commence à m’allumer. Je prend cher et cash. Une pluie de gifles. Je pourrais la casser en deux, mais c’est ma daronne. Quand je rentre, mon daron me regarde et parle pas. Jamais une gifle ou un mot.

         Je savais bien. Elle vient de dire au téléphone qu’ils vont me relâcher. Pas encore l’âge pour aller en zonzon. Dommage. Faut que j’attende encore un an. Je comprends pas pourquoi faut qu’y ait un âge. C’est comme le permis. Pourquoi faut attendre? Moi, je sais conduire une wago. Les grands me font conduire. Y me disent que j’assure grave. Au moins, je sais que je pourrais faire le chauffeur sur des bracos ou du Go Fast. Pas crever la dalle et devenir une cloche à fouiller dans les poubelles. Ou tafer comme le daron. Ni cloche, ni esclave.

      Moi, j’aurais de la caillasse, une belle wago, que des marques sur moi... Je veux aller où je veux, m'acheter ce que je veux. Le paradis c'est  ici, pas là-haut comme essaye de m'embrouiller les barbus de la cités. Je suis pas un blaireau pour croire tous leurs trucs de vierge et tout ça. Mes darons y m'emmerdent jamais avec ces trucs. Mes soeurs, y en une qu'est en fac. Et ma daronne est super fière. On a qu'une vie, faut pas perdre de temps. T'as déjà une carte postale du paradis?

        Mais je serai pas pété de thunes que pour moi. Y a ma famille. C'est le plus important. J’achèterai un pavillon à mes darons. Je sais que c'est le rêve de ma daronne. Y vont quand même pas terminer leur vie au quinzième étage. Je leur acheterai tout pour que mes darons soient heureux. Et y pourront aller tant qu'y veulent en Algérie.

         Ca y est, elle me prend encore la tête avec le proprio de la bagnole. Tant pis pour lui. Il avait pas qu’à venir frimer avec sa bagnole toute neuve dans la cité. Avec l’immatriculation, j’ai tout de suite vu que le lascar y venait pas d’ici. Y vient de Paname. Sûr qu’il est pété de thunes. Y va faire péter la CB et en racheter une autre. Pas de soucis quand tu as de la caillasse. Bon, elle va me lâcher avec sa morale de chez ED ? Je dois rentrer faire mon sac de voyage.

        Le schmit derrière moi me colle une tape sur la tête. Y se prend pour qui ce fils de pute ? Qu’est-ce que j’ai dit, moi ? Juste demander à la schmit si elle voulait faire un selfie avec moi. Ce pour montrer aux potes. Je peux même  leur faire croire qu’elle m’a sucé dans son bureau. Avec ça, même les grands vont avoir le respect. La classe.

         Elle appelle un mec au téléphone et lui demande de faire rentrer le proprio de la wago.  Je me marre. Elle croit que je vais me chier dessus ou quoi en le voyant ? Pas un bourge de Paname qui va me foutre la trouille. Le schmit derrière moi se marre. Elle aussi. Y se foutent de moi ou quoi? J ai la haine. Je les fumerai tous un jour. Y verront qu'y je suis tous ces enculés !

         J’ai envie de dormir. En rentrant, je vais pachave[11] un peu. Comme à chaque voyage, ma daronne va être  encore vénère. Encore plus que d’habitude parce qu'elle venue me chercher au commissariat. A chaque voyage, elle pète les plombs. Elle a toujours peur d’oublier quelque chose. Le daron, lui, il reste sur le balcon à fumer. Jamais y s’énerve. Pas comme elle. On dirait un vrai distributeur de gifles. En plus, elleva  pas dormir et nous réveiller super tôt. Encore un  coup de 5 heures du mat.

         J’entends des pas. La porte s’ouvre derrière moi. Je me retourne d’un coup et fais un doigt. Pas possible !

          Qu’est-ce qu’y fout là? Je sais pourquoi c'est lui qu'est là. Ma daronne a pas pu venir à cause du voyage. Elle acheté plein de trucs pour emmener aux cousins et cousine. Pas un voyage comme un autre. Notre premier tous ensemble. Là bas, faut pas que je déconne. Faut assurer grave. Pas des nazes notre famille.

           Jamais j’ai vu mon daron comme ça. On dirait qu’il a pleuré. J’ouvre la bouche pour parler, rien ne sort. Comme si mes mots étaient gelés au fond de ma gorge. Pourquoi y me regarde pas ?   

       Y s’assoit sur la chaise à côté de moi. On dirait qu'il est sur une autre planète. Je prends son bras. Y jette ma main. Qu'est-ce qu'il a ? J'ai tué personne. Pas le premier qui passe par le commissariat. Pas un drame quand même. Je vois que son visage de face. Y regarde droit devant lui. Ses lèvres tremblent.

         La schmit a l’air très gêné. Je crois même qu’elle est un peu triste. Je comprends que dalle. Pourquoi mon daron est là ? Y m’avait dit que c’était le lascar à la wago cramé. Elle se fout de ma gueule !

         Le daron, te fais pas avoir par eux. Y sont pas comme nous. Pas de la famille, ni des amis, ces gens là. Je vais t’expliquer quand on sera dehors. C’est pas moi qui ai cramé la wago. C’est un pote. Mais ça se fait pas de balancer. Je suis pas une poukaveuse[1], moi. Allez, le daron, on rentre à la maison. Je suis pressé d’être sur la route. Toute la famille en vacances.

         Y a les yeux plein de larmes. La honte. Fais pas ça le daron ! Pas devant eux ! On est pas des gonzesses, nous.Y s’essuie les yeux. Merci le daron.

       Y se met à parler. Ça me fait bizarre de l’entendre parler comme ça. Pas un bavard. Y me prend jamais dans ses bras. Et on s’embrasse pas non plus. Je fais ça juste avec la daronne et les sœurs. Pas un truc entre nous deux.  Mais, la vérité, ça me manque quelques fois. Surtout quand je vois un pote dans les bras de son daron.

         Il explique que la bagnole que j’ai cramée était à lui.Y voulait nous faire une surprise pour le voyage. Partir avec autre chose que notre tas de ferraille. C'est un cousin de Paname qui lui avait vendue.

         Vraiment un truc de ouf, cette histoire ! J'ai cramé la bagnole de mon daron. Celle avec laquelle on allait tous partir au bled. Celui qui me lit est un blaireau comme moi. Je comprends plus rien.

         Première fois que je le vois chialer.

1)Plaisant    

[2] Flics

[3] Pue

[4] Pistolet

[5] Enervé

[6] Prison en arabe

[7] Parler

[8] Argent

[9] Travailler

[10] Cul

[11] Dormir


[1] Un délateur


[1] Pourri


[1] Plaisant

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