L'espoir commun n’est pas son jouet. Ni un autre objet personnel. L’humanité a envoyé tant d’espoir à la casse. En fait, ce n’est pas elle. Mais des hommes (plus que des femmes) qui ont cassé volontairement de l’espoir. La plupart occupaient des places centrales et dominantes. Pourquoi un tel acte destructeur de leur part ? Sans doute plusieurs raisons mêlées. Dont une qui est quasiment de l’ordre de la blessure intime. Quelle est-elle ? La peur que cet espoir – dont ils ont été les grands initiateurs et porte-voix - leur échappe. Repris par d’autres mains. La plupart du temps des plus jeunes. Certes indéniable que, sans certains anciens, l'espoir n'aurait peut-être pas vu leur. Pas une raison pour le privatiser. D'autres mains qui souhaitent aussi porter l'espoir plus loin. Un espoir partagé. Que se passe-t-il dans la tête de ces « phares » inquiets ?
La peur de retomber dans l'ombre. Ne plus être la lumière qui éclaire. Remplacé par une ou plusieurs autres. Même les étoiles meurent. Ne pas pouvoir lâcher le pouvoir me semble être une lâcheté. Laquelle ? La lâcheté de refuser de ne se retrouver qu’au centre de soi. Sans le regard valorisant de ses admirateurs. Leur admiration souvent liée à la trouille. Et une forme de soumission à l’autorité et au guide. Ce n’est pas un scoop. Mais des psys seront plus à même de vous expliquer les pathologies liées au pouvoir, qu’un billet d’humeur. Toutefois, juste envie de dire : attention à l’espoir. C’est fragile. Et déçu, il peut redevenir une colère comme celle d’un dimanche récent. L’espoir - surtout naissant - mérite mieux que la casse.
Pourquoi évoquer ce sujet ? Car, depuis quelques jours, on constate que les casseurs d’espoir commencent à se positionner. Ils se trouvent dans les rangs qui le portent. Donner des noms et des exemples ? Suffit d’écouter la radio ou de surfer sur le Net. La « fameuse grenade présidentielle dégoupillée » a commencé ses dégâts. Comme notamment sur la problématique du racisme et de l’antisémitisme. Les deux sont présents dans chaque famille. Qu'elle soit de gauche ou de droite. Pauvre ou riche. Dans des têtes avec petit ou grand QI. N’allez pas chercher trop loin. Suffit de scanner sincèrement votre propre famille. Une tante, un oncle, un cousin, un frère, une sœur, votre gendre idéal, votre beau-frère… Si vous creusez et refusez le déni, vous finirez par trouver un ou une raciste, un ou une antisémite parmi vos proches. Sans parler des sexistes, des homophobes, des transphobes, etc. Pas un groupe n’échappe au pire de l’espèce humaine. On peut le retrouver aussi dans son miroir. Inutile donc de vous balancer des anathèmes. Aucune famille n'est incritiquable.
Certains voient des racistes partout. D’autres des antisémites. Les voyant dans chaque regard, les décelant dans chaque mot. À l’affût de la moindre possibilité de pouvoir scander «vous êtes raciste » ou « vous êtes antisémite ». Le racisme est pire que l'antisémitisme. Non, c'est l'antisémitisme qui est pire que le racisme. Vous ne pouvez pas penser que les deux sont pires ? Et que le racisme et l’antisémitisme ne sont pas les seules conneries humaines à combattre sur la planète. De plus, votre comptabilité est indécente pour les victimes passées et contemporaines de ces deux fléaux. Le racisme et l’antisémitisme sont des sujets très graves. Ne les bradez pas en les mettant à n’importe quelle sauce. Ou uniquement pour alimenter votre petite tambouille politique et course à tel ou tel poste. Indéniable que le racisme et l’antisémitisme existent. Et qu’ils sont en très grande progression. Important de ne pas minimiser cette hausse de l’antisémitisme et du racisme. Sans non plus l’augmenter volontairement à dessein. Rester lucide et vigilant. Voir le racisme et l’antisémitisme là où ils sont réellement. Et pas là où l'on voudrait qu'ils soient.
Pas le seul élément de conflit. D'autres se trouvent à l'intérieur d'un courant populaire en cours. Venu enrayer la soi-disant irrépressible chute dans la nuit. Le grande danger pour ce courant vient du haut du panier de l'espoir. La fracture peut partir du sommet. Ne pas laisser des « phares » ( inquiets de leur place et vieillissement ) saborder l’espoir. Se rappeler que, comme tous les partis, celui de l'espoir peut se briser de l'intérieur. A cause de quelques egos et blessures narcissiques pouvant se régler ou s'anesthésier sur un divan. La marche scandinave, la lecture ou-et- l'écriture de poésies, le sexe, l’alcool, la pêche... Beaucoup de moyens pour s'occuper de ses blessures, de de ses frustrations, et toutes les anxiétés liés à sa future disparition physique de la surface de la planète. S'occuper de sa problématique intime sans casser l'espoir de dizaines de millions d'êtrse. Toutefois, ces « phares paumés »pourraient avoir un nouveau rôle. Très importante. Conseiller l'espoir qu'ils ont porté haut, sans occuper le centre.
Pendant ce temps-là, d’autres se préparent à s’installer aux commandes. Sans s’échiner à la tâche. Des décennies qu’on leur ouvre un boulevard. Avec un élargissement de la chaussée depuis quelques années. Ils auraient tort de se gêner. Eux ne se traitent pas d’antisémites et de racistes. Ils le sont et le savent. Je ne parle pas de leurs sympathisants et de leur électorat. La majorité d’entre eux n’est pas raciste et antisémite. Juste à bout de souffle. Avec une colère mêlée de désir de changement. Contrairement à ceux et celles à qui ils ont donné leur voix. Des femmes et des hommes sans colère, sur les affiches des villes et villages. Ce sont des animaux politiques à sang-froid. Avec un programme précis. Aider les plus démunis , Non. Juste se servir de leur colère comme marchepied pour le pouvoir.
Derrière leurs sourires et promesses, la mécanique bien huilée de la haine et de l’autoritarisme violent. Après avoir cogné sur les métèques, ils s’attaqueront à d’autres sujets. Comme la presse qu’ils finiront par museler. Puis peu à peu la réduction des libertés individuelles. Avec obligation de la même marche au pas. Puis ils réduiront à néant des pans de culture de la patrie des Lumières. La littérature, la musique, le cinéma, Radio-France enviée par nombre de pays du monde, les théâtres, les maisons de la culture… Tout ça direct à la poubelle. Pour une culture Bolorisée et uniforme sur tout le territoire français. Bien sûr, il y aura des poches de résistance. Mais les dégâts risquent d’avoir des effets dévastateurs à très long terme. Et la France devenue entre temps un vaste « Touche pas à mon poste » où l'esprit vole sous la ceinture ? La France vaut beaucoup mieux. Et elle compte sur nous pour l’aider à se relever. Retrouver ses lumières perdues.
Combattons l’antisémitisme, le racisme, la violence contre les femmes, l’homophobie, et toutes les autres horreurs. Partout où elles se trouvent. Sans tomber dans le piège tendu pour qu’implose la pensée républicaine. Celle qui existe, de gauche à droite, parmi les abstentionnistes, et aussi la - vraie - droite républicaine ; tous les adeptes de la liberté démocratique refusant de s’allier avec un parti dont les dirigeants ont été nourris au lait noir d’une haine dont on sait où elle a mené la France, l’Europe, et le monde entier. Une pensée républicaine qui est protéiforme. Avec bien entendu des conflits. Et tant mieux. Le frottement des idées et la polémique sont le fondement de la démocratie. Néanmoins, aujourd'hui, il y a urgence.
Cessons de nous engueuler. Ne serait-ce que le temps d’évacuer le danger. Puis, quand ce sera fait, reprenons notre engueulade où nous l’avons laissée. Pas de soucis, on va s’engueuler à nouveau sous le ciel. Et même de grosses engueulades. Aujourd'hui, nous avons une mission commune. C'est plus qu'une urgence. Quelle est la mission des soutiens de la démocratie et des libertés ? La première est d'évacuer certains nuages bruns.
Éclaircir le ciel de France.