Élections, piège à immigrés

C'est reparti pour un tour. Des décennies de la même chanson.Les paroles et les interprètes plus ou moins différents d'une élection l'autre. L'immigré se retrouve toujours coincé. Alors qu'il ne voudrait pas grand chose. En tout cas pas plus,ni moins,que la majorité des individus de ce pays. Qu'on lui foute la paix. Et qu'il puisse être un jour «urnes out ». Ne plus être un enjeu d’isoloir.

 

Rachid Taha "Voilà, voilà" | Archive INA © Ina Chansons

        C'est reparti pour un tour. Des décennies de la même chanson. Les paroles et les interprètes plus ou moins différents d'une élection l'autre. L'immigré se retrouve toujours coincé de l'extrême-droite à l'extrême-gauche. Obligé de remercier celui qui l'aide et détester celui qui le hait. Alors qu'il ne voudrait pas grand chose. En tout cas pas plus, ni moins, que la majorité des individus de ce pays. Qu'on lui foute la paix. Et qu'il puisse être un jour «urnes out ». Ne plus être un enjeu d’isoloir.

   Juste être un individu comme vous, toi, moi, nous.... Pas meilleur, ni pire. Aussi imparfait que tout un chacun. Qu'il puisse boire une bière ou un thé en terrasse. Pouvoir regarder une jolie nana ou un beau mec passer sur un trottoir. Aller chercher ses gosses à l'école. Prier vers la Mecque ou «Le Bar du Marché». Voter ou ne pas voter pour qui il veut. Aimer ou pas le drapeau tricolore. Préférer le PSG à l'Olympique de Marseille. Écouter la radio de son choix. Se vêtir comme bon lui semble. Sans oublier la possibilité d'être con. Être, etc.

      La liste est longue des choses qu'il ne peut plus faire sans que quelqu'un ne vienne lui dire ce qu'il a faire. Notamment les politiques et associations. L'immigré est comme en perpétuelle surveillance. Que ce soit pour lui donner un coup de main ou de pied. Où qu'il se trouve; un regard, bienveillant ou malveillant, est posé sur lui. Bientôt un bracelet électronique sous le crâne de l'immigré ?

      De quoi se plaint-il ? C'est une véritable star en période électorale. Pas un jour sans que la presse ne le mette en avant. Les politiques se l'arrachent. «Il est beau mon immigré ! ». « Il est moche mon immigré. ». En tête de gondole dans les marchés de France. Des millions de followers le suivant dans le moindre de ses déplacements. Il est épié en permanence. Pire qu'un people. Mais sans garde du corps pour éloigner ses fans et ceux qui veulent sa peau. La solitude de celui qui n'en a plus.

     Que demande l'immigré ? Difficile de parler au nom de tous. Autant de variations chez les immigrés que pour les français dits de souche. La même proportion d’abrutis et d'êtres sympathiques et intéressants chez les uns et les autres. Sauf que Marcel et Marianne ne sont pas transformés en jouet électoral entre les mains des politiques. Contrairement à Mohamed et Malika devenus des poupées de la République. Vivant toujours un harcèlement médiatique et de proximité à tous les rendez-vous électoraux. Des marionnette de chair et d'os désarticulés à chaque élection et oubliés après dans un coin de la République. De quoi rêvent chacun de ces millions de jouets des urnes ?

      Être un habitant lambda de France.

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.