Cour d'honneur

Rien de plus normal qu'un hommage national. C'est quelqu'un qui œuvré pour les autres.Toute son existence. Bien sûr critiquable. Qui n'a pas commis des impairs dans sa vie? En quelque sorte l'élégance de l'imperfection. Un être qui a beaucoup apporté pour le pays. Notamment pour les classes populaires. Tous ces invisibles broyés par la mâchoire du quotidien. Notre pays peut être fier de son œuvre.

 

        Rien de plus normal qu’un hommage national. C'est tout de même quelqu'un qui œuvré pour les autres. Toute son existence. Bien sûr un être critiquable comme chacun d’entre nous. Qui n'a pas eu des ratés ou commis des impairs ? En quelque sorte l'élégance de l'imperfection. Indéniable donc que c’est une personne qui beaucoup apporté pour le pays. Un travail remarquable. Notamment pour les classes populaires. Tous ces invisibles broyés par la mâchoire du quotidien. Certains, même à des postes de responsabilités, ne les oublient pas. Sans condescendance étouffante ni mépris. Une réelle empathie.

        Toute la patrie doit lui être reconnaissante. Les drapeaux en berne des écoles aux mairies en passant par tous les édifices publics. Son visage et ses actes diffusés sur toutes les chaînes de télé. Que les quotidiens fassent leur unes sur une personne exceptionnelle. Merci aux journalistes de transmettre son œuvre aux générations futures. Que, par delà sa mort, perdure sont travail. Un travail qu'il ne faudra pas oublier après les cérémonies. Mais qui sera difficilement résumable en quelques lignes ou en une formule lapidaire sur une plaque. Les bio officielles n'offrant que la partie visible d'une trajectoire. Au fond pas plus complexe que l'histoire d'un être.

     La France républicaine et laïque a pris une grande claque en apprenant sa mort. Difficile d'y croire. Pourtant pas une fake news comme celles qui ricochent sur nos miroirs numériques. Mort. Pas décédé comme on écrit la majorité des journalistes comme s'ils avaient t peur de la vérité. Quand le r se glisse entre le t et le o de mot. C'est fini. Pas de restauration système à un jour ou des années avant la mort. Ni de touche retour pour reprendre l'histoire à tel ou tel niveau comme dans un jeu vidéo. Son regard éteint définitivement. Un regard citoyen. Plus tout le reste parti avec sa mort. Sans oublier son grand sens de l'humour et sa joie de vivre. Une immense perte pour ses proches et notre pays.

         Nombre de citoyennes et de citoyens de ce pays sont encore sonnés par la nouvelle. Non, ce n'est pas possible. Nous sommes là, voyeurs2.0 de son histoire et impuissants. Les bras ballants face à la réalité. Apprise chez soi, au boulot, dans la rue, à une terrasse de café... Les nouvelles ne vont pas plus vite qu'avant. Elles se trouvent juste en permanence au fond de notre sac ou poche. La vie du monde s'annonce avec un frétillement ou une annonce sonore partout où le réseau dispose d'un filet à homo-numéricus. Chaque individu est comme de garde. Des millions d'être au chevet de la planète. Tous sensibles au moindre soubresaut de son époque. Comme celui de sa mort. Une mort très dure à avaler.

       Sûrement que des esprits querelleurs vont pester contre toutes ces cérémonies. Pourquoi un tel concert de louanges ? D'autres ne vont mettre en avant que les aspects négatifs de l'être disparu. Quelle indécence. Pour ma part, je trouve ça tout à fait normal. Indispensable même que celles et ceux ayant sué pour la majorité puissent être honorés. C'est à travers ce genre de communion qu'un pays tout entier se retrouve. Plus de femme, d'homme, d'enfant, de catholique, de juif, de musulman, d'athées, de gauche, de droite, d’homo, d’hétéro, de lesbienne... Toutes les différences fondues en un corps unique. Celui de tout un pays honorant une personne ayant travaillé pour tous et chacun d'entre nous. Plus ou moins directement. Sans justement se soucier des différences des uns et des autres. Avec le même regard sur celles et ceux confiés à sa charge. Son œuvre ne s'arrête pas à sa mort.

       Elle aura aussi des conséquences pour l'avenir de notre pays. Des graines semées dans le jardin de la République qui continueront de germer. La patrie est reconnaissante aux grands hommes. C'est gravé au cœur de Paris. C’est donc un hommage tout a fait légitime. Une minute de silence ? Les drapeaux en berne ? Une cérémonie dans la cour d’honneur des Invalides et sur toutes les chaînes télé ? Je ne sais pas si ce sera assez d'honneur pour son travail. Un travail de fond.

      L’œuvre d'une directrice d'école morte au front.

NB: Texte inspiré de ce tweet de Francis Mizio : "Hé Twitter, help me. Pour un billet, je cherche les dates quand Chirac avait fait marcher un cul-de-jatte, et la fois où avec sa cape et son collant il avait arrêté un tsunami. Et aussi la photo où il plie une carte routière d’un seul coup."

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