Minijupe, robe longue, pantalon: chacune fait ce qui lui plaît plaît plaît...

 

     

Chagrin d'amour ~ Chacun fait (c'qui lui plaît) © fmdd943
      En 2011, deux gamines de sixième sanctionnées pour port de jupe trop courte. Quatre ans plus tard, la traque aux robes trop longues est ouverte. Encore une bataille autour du tissu? Querelle vestimentaire ? Toujours un conflit sur la peau des femmes.

 De la burqa à la minijupe en passant par la robe longue, l’épiderme féminin est devenu un sujet de débat. Parfois de discorde et même de haine. Comme nombre de citoyens et citoyennes, je suis contre les signes ostentatoires religieux à l’école publique. Dieu merci, il reste encore un espace où Dieu passe après l’Instit et le Prof. Pas de téléphone portable en salle de classe, ni de  réseau divin.

Pourquoi cette bataille rangée sur le corps de la femme ?  Depuis de nombreuses années, les laicards  et les intégristes religieux cherchent à tirer la couverture à eux.  Peu importe qui se trouve sous le bout de tissu tant convoité.  Plus une femme, un individu de sexe féminin avec ses défauts et qualités. Parfois aussi conne qu'un con. Elle est aujourd'hui un mannequin défilant pour le prêt à porter idéologique ou religieux. Un défilé très souvent où elle n’a pas son mot à dire. Juste un corps sur lequel des mains- souvent d'hommes - déplacent leurs pions. Un champ de bataille de chair et d'os.

 Les uns cherchent à raccourcir sa jupe ou robe pour qu’elle soit conforme à leurs idées. A la bonne taille laïque. Une jupe trop longue serait-elle anti-Charlie ? Une femme ne dévoilant pas ses chevilles fait-elle l’apologie du terrorisme ? Bientôt des contrôles de laïcité vestimentaire ? Toutes ces questions peuvent se poser en cette période de traque aux mauvais laïcs.  Bouter hors du territoire ou évangéliser les infidèles au Dieu laïcité. Sale temps pour les croyants ?

Les hystérolaïcs -dont je fais quelques fois partie –  ont aussi une grande tendance à l’intégrisme.  Aussi bornés et obscurantistes que leurs ennemis.  Pourquoi empêcher  un citoyen porteur d'une kippa d’accomplir son devoir électoral ? Interdire à  des femmes de porter le voile à l' Université où il est autorisé ? Une étudiante, majeure et vaccinée, n'est pas une ado de lycée ou de collège. Pas devenue une mineure parce qu'elle a décidé de porter un voile. 

A force de se focaliser sur les signes ostentatoires religieux, on finit par les créer et même les chercher autour de soi.  En manque,sans sa dose  quotidienne de burqa, croix, gandoura, kippa, susceptible d’alimenter sa guerre des cultes.  Bientôt une pièce intitulé «  Il voit des burqas partout » ? La laïcité est à consommer avec modération.

 Leurs ennemis tirant de l’autre côté de la couverture à eux sont indéniablement plus dangereux.  Au nom d’un personnage de fiction, ils veulent coloniser le moindre centimètre carré de la peau des femmes.  Des pieds aux cheveux, en passant par les seins et le cul, plus rien ne doit appartenir à la femme. Encore ravalé au rôle de porte-manteau; cette fois pour un couturier nommé Dieu. Pas très moderne comme styliste. Et prêt à tout pour enfermer le corps féminin.

 Les intégristes religieux plus dangereux que les laïcards ? Il me semble que les premiers, ne devant rendre des comptes in fine qu’à un personnage jamais présent lors des débats publics,  sont plus inquiétants que les seconds. Quoi que, parmi, les laïcards, une partie penche de plus en plus vers  l’extrême droite.   A quand l’appellation « laïcs modérés  » ? Bref,  en ce moment : pas belle la vie sous le ciel républicain.

 Et encore moins belle pour la femme. Depuis la nuit des temps, son corps est  toujours un enjeu.  Un corps disséqué sur les tables de la loi des musulmans, juifs, chrétiens, des agences de pub, des féministes ultraconservatrices, des sexistes, des machos, des cons, des connes… La liste est longue de ceux qui, pour des raisons religieuses, financières, ou autres,  se penchent sur la cas de le femme.  La moitié de l’humanité aimerait qu’on lui foute la paix. Vivre et mourir comme elle l'a décidé.

 Mini-jupe, burqa, robe longue, pantalon ? Qui suis-je - homme ou femme - pour décider de ce que doit porter une femme ? Si elle n’est  pas  contrainte par des chiens de garde de Dieu, un maquereau, ou un compagnon violent, elle s'habille comme bon lui semble. Libre de son corps et de sa garde-robe. 

Nul, de sexe féminin ou masculin, n’est contraint de regarder des jambes, un décolleté ou une burqa.  Même si, homme et femmes, peuvent  éprouver du plaisir à se regarder dans la rue ou ailleurs. Une toile de regards éphémères de toutes sortes.  Du plus beau au plus minable. Couvrez ce sein ou arrachez ce bout de tissu que je ne saurais voir ?  

 Essayons de ne pas être trop naïf.  Le tissu, court ou long, sur la peau des femmes, est le symbole d’un travail de conquête  idéologique et religieux. Coloniser le corps de la femme, la mère potentielle qui, de fait, origine du monde, transmet toutes les religions. Et, sans tomber dans le radicalisme quasi religieux de certains laïcards et féministes, le combat pour la laïcité et l’égalité des femmes et des hommes est plus que nécessaire. Un combat contre TOUS les obscurantismes. Quelle régression 70 ans après le droit de vote des femmes.  Dans la garde-robe de l’humanité, la connerie a toute les tailles.

 

 

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