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Billet de blog 30 mars 2024

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À la fortune du pauvre

Trop riche le pauvre. Tout le monde le sait. En plus, il ne cesse de gruger. Un véritable escroc. C’est plus fort que lui. Dans son ADN. Sans cesse à faire de l’évasion fiscale. Si pervers qu’il camoufle son argent dans des niches. Sans oublier tous les abus de biens sociaux. Et tous les passe-droits que lui autorise son carnet d’adresses. Un égoïste jamais solidaire.

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    « Classes laborieuses, classes dangereuses.»             

« Il faut prendre l' argent là où il se trouve: chez les pauvres. D' accord, ils n'en ont pas beaucoup, mais ils sont si nombreux.» Alphonse Allais

        Trop riche le pauvre. Tout le monde le sait. En plus, il ne cesse de gruger. Un véritable escroc. C’est plus fort que lui. Le vol est inscrit dans son ADN de pauvre. Sans cesse à faire de l’évasion fiscale. Si pervers qu’il camoufle son argent dans des niches. Sans oublier tous les abus de biens sociaux. Et tous les passe-droits que lui autorise son carnet d’adresses. Comme par exemple de pouvoir écrire quelques piges dans une revue et être payé grassement toute l'année. A quoi reconnaît-on un pauvre ? C'est un être pétri d' égoïsme. Jamais solidaire alors que nous sommes en grave crise planétaire. Complètement hors-sol ne tenant pas compte des réalités. En plus, le pauvre est d’un grand mépris. Surtout avec les riches qu’il traite d’assistés, d’illettrés, de sans-dents… Ne pas oublier non plus la violence du pauvre. Notamment en ce qui concerne l'inceste. Urgent d'en parler.

          Tous ces pauvres abusant de très jeunes filles et garçons dans les beaux quartiers de la capitale. Et ceux obsédés par le sexe et le pouvoir travaillant dans le milieu du cinéma et des médias. La presse l'a beaucoup évoqué ces derniers temps. Le pauvre est une boule de perversité. Un Very Important Parasite. Sa devise c'est chacun mon tour. L'autre est le cadet de ses soucis. Il se contrefiche du bien commun. Même de la santé publique. N’hésitant pas en période de confinement Covid à aller manger dans des restos privatisés. C'est un scandale et une honte. Nous devons absolument contraindre le pauvre à régler sa dette à la société. De quelle façon ? Déjà en le taxant. Faut frapper au porte-monnaie. Que ce genre d'action qui peut contraindre le pauvre à devenir honnête. Sinon, il va continuer à mettre en péril notre société. Faut créer un impôt sur l’infortune.

          Un petit instant, s’il vous plaît. Je reviens après vers vous. On me parle dans l’oreillette. En effet, je comprends. C'est sûr qu'il y a eu une grosse boulette. D’accord, je rectifie immédiatement. Chers Auditeurs, Chères Auditrices, désolé de ce contretemps. En fait, il y a… Le stagiaire a confondu les fiches. Je me suis donc trompé. Ce n’est pas du pauvre dont je parlais. Rien à voir. Vraiment nul ces stagiaires. On les aide et voilà comment ils nous remercient. De qui je parlais ? Pas des pauvres. De qui alors ? N’en parlons plus. Passons à un autre sujet. Beaucoup plus important que celui-ci. Je vérifie avant que le stagiaire n’a pas encore mélangé mes fiches. En attendant, une pause de pub. Nous nous retrouvons juste après.

         Qu'est-ce qu'il fait ? Incroyable. Le stagiaire qui pond mes fiches a claqué la porte. Ingrat. Pour qui il se prend ? Retourne pouilleux dans ton bled paumé de plouc.  Il ne se rend même pas compte de la chance de pouvoir approcher notre équipe. Je n'ai plus de fiches. Comment je fais ? Jamais je n’ai travaillé sans support écrit. Trop dur pour moi. J’ai besoin que quelqu'un, une voix d'autorité me transmette ce que j’ai à dire. Sinon, je suis paumé. Besoin d'un conducteur pour... Ah ! Super ! Cet abruti de stagiaire a oublié d’emporter ses dernières fiches. Je suis sauvé. Pouvoir terminer l’émission. Trêve d’atermoiements. Le temps d’antenne coûte beaucoup d’argent. Me revoilà donc parmi vous, Chères Oreilles amies. Quel plaisir de vous accompagner chaque jour. Mais voilà, nous arrivons à la fin de l'émission. Et donc à la conclusion de ce bon moment passé avec vous.

        Donc, je... Comment vous dire ? Cesser de critiquer la main puissante qui nous nourrit, nous flatte, et sait nous faire taire ? En effet, ce serait beaucoup plus simple de ne rien dire ou de réciter un discours pré-mâché. C’est sans doute ce que je vais commencer à faire. Ne plus jeter la pierre. Et arrêter de donner des leçons. Ni aux riches, ni aux pauvres. Laisser tout ça de côté. En plus, les problématiques sociales, c’est quand même ringard. On fait plus de buzz avec ça. Les pauvres, les riches, les dominants, les dominés, etc. Négliger tout ce beau monde se déchirant pour les dernières miettes de notre planète dans le coma cérébral. Le soleil se marre; il sait bien qu’il aura le dernier mot de l’incendie planétaire…

          Important aussi de rappeler quelque chose avant de rendre l’antenne. Il y a deux catégories de pauvres. Celui qui gruge, mais à un très gros niveau, avec un bon bouclier légal. Et l’autre gagne-petit, sans protection, raclant les fonds d’alloc et autres prestations sociales ; le même qui, écrasé devient écraseur, et jette la pierre au plus pauvre que lui. Surtout, si c’est un nouvel arrivant. De quoi accuse-t-il le miséreux débarquant d’ailleurs ? De venir bouffer sa pauvreté bien d’ici. Votant même contre le pauvre d'ailleurs pour qu'il soit expulsé, ou écrasé encore plus que lui. Son bouc émissaire de promiscuité. Jamais à critiquer plus haut que sa situation, toujours à pointer du doigt le pauvre plus bas.  Cela dit, sa situation est difficile. Vivant dans des quartiers cumulant les misères,etc. Pas une raison pour ne pas être humaniste et accueillant à, s’insurge l’acteur, l’actrice, le romancier,  le journaliste, le politique, l'animateur télé, le footballeur, dans son hôtel particulier. Ou des artistes très engagés dans des appartements « c'est super cool» en quartier populaire, très mixte ( moins à l'école des gosses) râlant sur la précarité de leur intermittence dorée. Bienvenue en terre de contradictions. Rien de nouveau en réalité. Du radotage.

          Laisser tomber toutes ces polémiques ? C’est mon objectif. Les pauvres, les riches, ce sujet est si récurrent qu'il en devient pathétique. D'accord, mais pour  parler de quoi à l'antenne ? Que de la fiction.  Quitter la médiocrité des problématiques sociales. pour s'élever à travers la création et la poésie. S'intéresser à l'essentiel: la vie, la mort, l'amour. Et la solitude de chacun et chacune sur le manège de nos histoires passagères. L'éphémère de notre condition est le sujet qui doit être au centre du débat. D’ailleurs, il est important de...Un petit instant, s'il vous plaît, mes Chères auditrices et Chers auditeurs. On me pose une dernière question dans l'oreillette.

         Avec un Impôt sur la Fiction ?

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