David Habib, extrémiste violent au service de l'industrie pétrolière

David Habib, membre du Parti socialiste et député des Pyrénées-Atlantiques, réagit de façon musclée au "sommet du pétrole" qui s'est tenu à Pau du 5 au 7 avril 2016 : "Nous avons aujourd’hui la démonstration de ce que ces extrémistes sont capables de faire. Aucune utopie ne saurait justifier la folie et la violence."

David Habib, membre du Parti socialiste et député des Pyrénées-Atlantiques, réagit de façon "musclée" au "sommet du pétrole" de Pau : "Nous avons aujourd’hui la démonstration de ce que ces extrémistes sont capables de faire. Aucune utopie ne saurait justifier la folie et la violence." (1)

Rappelons que ce sommet, nommé MCE Deepwater Development 2016 (MCEDD), concerne les forages pétroliers offshore en eaux profondes et se tient au Palais Beaumont à Pau du 5 au 7 avril 2016 à l'invitation de TOTAL. Il est consacré à la recherche d'une "baisse significative des coûts pour que l’industrie opérant en mer profonde puisse rester compétitive".

Quelques semaines à peine après la COP 21, qui a affirmé la nécessité de ne pas dépasser une augmentation de la température globale de 2° et de laisser 80% des énergies fossiles dans le sol, on peut penser qu'un tel sommet, poursuivant et amplifiant la recherche et l'extraction de pétrole, et qui plus est en eaux profondes (ce qui fait évidemment courir de grands risques potentiels aux milieux sous-marins concernés), est pour le moins inopportun.

On pourrait croire que M. Habib s'emporte vigoureusement contre TOTAL, Shell, Exxon et les "extrémistes" de l'extractivisme, dont la folie risque de mettre la planète et ses habitants en grand danger. Mais non.

Les extrémistes dont il croit devoir dénoncer "la folie et la violence" sont au contraire ceux qui s'opposent à la poursuite et à l'amplification de l'utilisation des énergies fossiles. Parmi ces opposants on compte ANVCOP21, Bizi !, Surfrider, Alternatiba, Attac, 350.org, Emmaüs, Nation Océan et des citoyens "ordinaires". Réunis pendant quelques jours près de Pau, ils ont préparé une série d'actions spectaculaires et non violentes, destinées à dénoncer la folie des multinationales de l'énergie et leur violence envers le milieu naturel et les humains, au nom du profit. 

Aucune "folie" dans la réflexion des opposants. Pas davantage de "violence" dans leur action : quelques bousculades avec les gendarmes qui gardaient l'accès au Palais Beaumont, le mardi 7 avril, et quelques lancers de lacrymos, quand les opposants ont tenté, avec succès, d'occuper pendant quelques heures le perron du palais et une partie de la pelouse. Aucun dégât matériel, pas de casseurs. Le centre de Pau, à quelques centaines de mètres, continuait pendant ce temps à vaquer à ses paisibles affaires ...

L'outrance verbale de David Habib relève simplement de la malhonnêteté et de la manipulation. Habib prend bien sûr le parti de l'industrie pétrolière non pas au nom du profit et des actionnaires, mais au nom de "l'emploi" : "en Béarn plus de 20 000 salariés vivent directement ou indirectement des activités pétrolières, gazières et chimiques", dit-il. Ainsi au nom de l'emploi, en période de chômage de masse, on peut mentir, désinformer, et défendre les projets les plus fous et les plus violents - tout en étant "socialiste" et vice-président de l'Assemblée nationale.

(1) dans La République des Pyrénées du 6 avril 2016.

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