J'ai l'image de mon maître et moi, assis côte à côte, lui m'expliquant
calmement un exercice de géométrie,
et moi, ailleurs, n'écoutant pas, car je trouvais cela inintéressant.
Il a fallu que je grandisse, que j'entre en 6ème, pour comprendre
que j'allais beaucoup m'ennuyer.
L'algèbre est un mot qui sonne bien, ce n'est pas étonnant c'est de l'arabe.
Mais c'est un peu comme un mur, comme quand je lis un livre en hébreu,
qui n'est pas ma langue maternelle,
il faut que je me motive, car sinon je reste devant le mur, en Harry Potter raté.
Je me souviens, j'allais à l'école, je faisais les exercices,
mais je ne comprenais pas,
et surtout je me demandais, si cette mauvaise plaisanterie allait
durer encore longtemps.
En 4ème, j'ai renoncé, et on m'a fait redoubler.
Contre l'avis de ma prof de français.
Car bien entendu, j'étais bonne dans toutes les matières
sauf en maths, mais seules les maths
étaient importantes. (Quand j'entends que des étudiants
à l'université ne savent plus écrire
correctement, je me dis, oui, mais ils étaient sûrement bon en maths).
Manque de chance, on changeait les programmes cette année-là.
Donc j'ai du étudier non seulement les maths de nouveau, mais aussi la physique.
Echec assuré. J'ai continué jusqu'en seconde, et on m'a renvoyée.
Direction école professionnelle. Je n'étais pas contre, dans le passé, j'avais
voulu devenir ébéniste-menuisière, mais on m'avait dit qu'il n'y avait que
des garçons dans cette école et que ce n'était donc pas possible. Et puis
pourquoi apprendre un métier maintenant, il valait mieux passer son bac avant.
J'ai donc fait un BEP de secrétariat. Plus du tout de maths!
Je me souviens d'une de mes profs qui
s'étonnait de me trouver là, alors que j'aurai pu prétendre à mieux.
Mais bon, le diplôme en poche, on m'a dirigée vers un bac pro.
Je suis entrée directement en première.
C'était facile, cette fois je l'aurai mon bac!
Eh bien non, je n'ai même pas fini ma première, j'ai préféré quitter
définitivement l'école, écœurée par des cours qui ennuyaient aussi les profs.
Ce n'est que des années après, que j'ai réalisé, que c'étaient les maths
qui m'avaient empêchée de passer mon bac, de l'avoir.
Lorsque je regarde en arrière, je me vois de ma classe de seconde, regarder
les terminales qui étudiaient pour le bac, et je me disais que je n'en serai
pas capable. Les maths m'avaient enlevé toute confiance en moi.
Et, alors que je m'apprêtais à réessayer de passer le bac, cette fois un bac pro,
le fait que les maths étaient absentes, ne m'a pas aidé, car même, si je ne
les voyait pas, je ne les étudiais pas, elles étaient là comme un mur.
Heureusement, j'ai trouvé la solution, cela m'a pris du temps,
il a fallu que j'accepte de renouer avec les maths.
Mais je l'ai fais. Et tout cela grâce aux jeux de ficelle.
Et à un prof de math, James Murphy.
Qui l'eût cru?