Le désir de Monsieur Benjamin Nétanyahou

Comment comprendre ce que vient de dire le premier ministre de l’état d’Israël, Monsieur Benjamin Nétanyahou, sans se laisser aller à des explications d’extrêmes légèretés, telles celles qui nous parlent de «  fatigue du premier ministre »,  de « méprise », de «  bourde », les plus graves étant de « méconnaissance historique », de « falsification historique » et aussi bien de «  révisionisme » ?

Comment comprendre ce que vient de dire le premier ministre de l’état d’Israël, Monsieur Benjamin Nétanyahou, sans se laisser aller à des explications d’extrêmes légèretés, telles celles qui nous parlent de «  fatigue du premier ministre »,  de « méprise », de «  bourde », les plus graves étant de « méconnaissance historique », de « falsification historique » et aussi bien de «  révisionisme » ?Comment une telle bévue a pu être émise, é-noncée, de la part d’un homme politique, sans que cette bévue, cette affirmation provoquante ne relève d’une intention directement politique ?

Autrement dit : qu’est-ce que ces affirmations  récentes de Benjamin Netanyahou sont-elles suscep-tibles de produirent à travers leur non-sens histori –que, précisément ? 

Monsieur Benjamin Nétanyahou désirerait-il innocenter le nazisme, ce moment catastrophique européen du nazisme, des camps de la mort, des chambres à gaz, de la shoah par balles, et ainsi, débarrasser l’Europe de la culpabilité historique d’un séisme dans la civilisation qui hante les conflits, malheurs, interprétations historiques, mythes, violences, mésestimes, crimes, meurtres, impunités, actuels ?

Monsieur Benjamin Nétanyahou estimerait-il opportun de faire porter, sans tenir compte justement de toutes les recherches historiques qui ont nommé, établi, avec toute la rigueur possible, quel était l’hom-me, celui qui avait été l’écrivain de Mein Kampf, non pas l’initiateur de l’antisémitisme, de l’antijudaïsme, mais l’auteur implacable, l’idéologue et acteur de la destruction des juifs d’Europe, de l’extermination des juifs, des malades mentaux, des tsiganes, des handica-pés, celui qui a, non seulement permis, mais encoura-gé les expérimentations sur les corps humains vivants, celui qui a désormais atteint l’honneur de beaucoup d’hommes politiques, contaminé le champ de la cultu-re, brouillé les valeurs de paix, de respects, de recon-naissances des humains entre eux, essentielles à l’e- xistence des communautés humaines, Monsieur  Benjamin Nétanyahou estimerait-il opportun, aujourd’ hui, compte tenu des impasses politiques vécues, de faire porter à d’autres personnes qu’à celui «  Mais comment s’appelle-t-il donc au juste ? »

La bévue et la bourde de Monsieur Benjamin Nétanyahou n’auraient-elle pas pour fonction, non pas de faire de l’histoire factuelle scientifiquement, mais de faire, précisément, de l’histoire fictionnelle, idéologi-que, opportuniste, terriblement fausse, afin de pro-voquer un transfert de responsabilités  et de haines – malheureusement de toutes sortes - vers pas mal de musulmans de ce monde d’aujourd’hui, à travers la figure, peu recommandable, il est vrai, de celui qu’il a désigné comme l’initiateur du désir de mort, efface-ment, extermination des juifs dans le monde ?

Désir et transfert de la part de Monsieur Benjamin Nétanyahou qui risquent de rencontrer pas mal de complicités historiennes, politiques, fictionnel-les, hallucinatoires, littéraires, destinées à poursuivre la construction et désignation de nouveaux  boucs émis-saires, en  quatre mots, fausses, irrecevables, malveil-lantes, meurtrières.

 

Nabile Farès, écrivain ; auteur, entre autres textes, de «  Mémoire de l’Absent », Paris, Ed.  du Seuil.

  

 

 

 

 

 

      

 

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