Journaliste/ Ecrivaine / conceptrice et animatrice de rencontres-débats et d'émissions sur les réseaux sociaux : "AlternaCultures" et "l'Interview". En charge du Prix littéraire AFA
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Dans "L'ombre d'un doute", les femmes sont à l’image de Sisyphe.
Quelle place "L'ombre d'un doute" fait-il aux femmes ?
Question de Farida qui a lu le roman : "Madame, vous n'avez pas oublié les femmes dans votre roman. Leur histoire m'a interpellée. Elle raconte notre histoire, non ? ", écrit Farida via messenger (FB).
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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.
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Mon roman raconte l’histoire d’une ville. Il est normal que les femmes y figurent car elles sont partie intégrante de cette histoire. On va voir que les acquis ne sont pas définitifs et qu’un changement de gouvernance politique peut les remettre en cause. C’est ce qui arrive aux femmes bent’Joyiennes. Le schéma des rapports sociaux de sexe mis en exergue dans le récit est patriarcal. Les femmes sont sous domination masculine. Elles sont cantonnées dans la sphère du privé où elles veillent au confort des hommes. Les femmes forment une catégorie de sans-part. Elles sont pourtant les piliers des foyers et affrontent les situations de crise qui mettent en péril la sécurité des Bent’Joyiens. Puis par un hasard inopiné, elles renversent l’ordre des choses, investissent la sphère publique et s’imposent sur la scène sociale. Elles s’affranchissement des archaïsmes et des règles vestimentaires et comportementales rétrogrades et jouissent d’une liberté d’action et de décision. Les femmes deviennent des actrices à part entière. Sauf en politique. Ce champ est le monopole des hommes. Les femmes bent’Joyiennes ne remettent pas en cause leur exclusion. Elles acceptent cet état de fait naturellement, sur le mode du cela va de soi. Mais le nouvel ordre moral qui s’imposera à Bent’Joy va affecter les femmes et va les priver de leurs acquis. Contraintes et forcées, elles se sous-mettront aux gardiens du Grand Temple de la Moralité, adeptes de Sidi Akadoum.
L’histoire des femmes bent’Joyiennes est un clin d’oeil aux femmes et à leurs luttes. Les droits ne sont pas définitivement acquis. C’est une lutte incessante. Les femmes sont à l’image de Sisyphe. Elles sont condamnées à rouler et à dérouler le rocher de leurs luttes.
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