La vie en mode confinement: nous n'oublierons pas!

Semaine 2 à la maison : Maeva vit en région parisienne. Elle est confinée à son domicile depuis le 13 mars. Cette crise sanitaire et ses conséquences immédiates l'incitent à la réflexion. Elle est très observatrice, Maeva, et elle a beaucoup de souhaits d'intérêt général qu'elle espère voir se réaliser lorsque le coronavirus sera vaincu. Maeva se confie.

Tourmentés © Nadia AGSOUS Tourmentés © Nadia AGSOUS

La deuxième semaine de confinement est entamée. Quel est ton état d’esprit en cette période de crise sanitaire ?

Je dois t'avouer que je suis hyper angoissée par cette situation très anxiogène. Je suis confinée depuis le vendredi 13 mars après-midi. Cette deuxième semaine vas me permettre de ne pas reproduire les mêmes erreurs que la première ( éviter de trop traîner sur les réseaux sociaux, de trop regarder les informations et les fakes news) car la première semaine, j'ai eu tendance à ne jamais décrocher et à chercher constamment à en savoir plus sur le virus et sur la maladie.

Comment vis-tu ce confinement sur le plan psychologique et social ?

Sur le plan psychologique c'est très compliqué : être seule et ne pas pouvoir voir ses proches n'est jamais facile. Chaque matin quand je me lève, je me dis « allez, motive- toi ! Chaque jour qui passe est un jour gagné". Alors le m'occupe comme je peux. J’essaye d'avoir un rythme avec des horaires et des objectifs dans la journée. Comme je suis maniaque, je désinfecte les moindres recoins de la maison, tous les jours. J'ai d'ailleurs eu de grosses fissures sur les mains à cause des produits (rires).

Mais je pense être une privilégiée car j'ai un logement, de quoi me nourrir et me laver; que demander de plus ? Je pense à toutes ces personnes qui sont dans le besoin et qui n'ont pas où loger, de quoi se nourrir, où se laver. Je pense également à tous les gens qui continuent à aller travailler POUR NOUS au risque de se contaminer et de contaminer leurs proches.

Sur le plan social, j’ai été très surprise. Mon compte WhatsApp ne connaît aucun moment de répit. Entre le groupe de la famille, le groupe des copines (dont une est actuellement hospitalisée pour la Covid-19), le groupe des collègues et bien d'autres encore, j'ai pu constater que depuis le premier jour du confinement, mes journées sont rythmées par les appels téléphoniques, les messages et les appels vidéo de mon entourage. Je pensais que cela durerait que 2 ou 3 jours mais finalement ça perdure. Une solidarité s'est instaurée et je trouves ça très beau. J'ai pu voir que beaucoup de choses s'étaient mises en place et que beaucoup de gens s’entraident et se rendent service sans contrepartie financière. 

Comment travailles-tu depuis que tu es confinée chez toi ?

Je suis joignable sur mon mail professionnel et sur ma ligne professionnelle pendant que je suis confinée. Etant obligée de rester chez moi pour cause de maladie, il m’est difficile d'aider mon service à distance. Alors le coeur empli d’espoir, je prépare mon " été " en tant que directrice de centre de loisirs (projet pédagogique etc). J'ai hâte d'y être. Je crois que le confinement a développé ma créativité.

Quelles seront les conséquences de cette crise sanitaire ?

Je pense qu'une fois que tout cela sera fini - et ça me semble tellement loin - PLUS RIEN NE SERA COMME AVANT.

Certains sortiront de cette crise plus forts, d'autres seront traumatisés. Mais je souhaite du fond du coeur que les valeurs de solidarité et d'entraide soient toujours aussi fortes qu’en cette période de confinement. Les impacts seront aussi d’ordre économique.

Tout s'est arrêté et donc retardé. Je penses aux jeunes qui sont censés passer des examens, aux enfants qui ont du interrompre leur scolarité…

Cette crise sanitaire marquera les esprits. Elle changera certains de nos comportements comme par exemple notre rapport à l’hygiène, à la terre et à l’environnement. 

Nous n'oublierons pas !





















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