Dakar au temps du Coronavirus

Coronavirus a transcendé les frontières. Il traverse les mers, les océans. Il s'incruste dans tous les lieux. Il est partout. Il sait tirer profit de la mondialisation pour se répandre telle une trainée de poudre. Partout dans le monde, il vit, se démultiplie et se propage sans limites. Le Sénégal n'est pas épargné par cette épidémie. Yasmine raconte Dakar au temps de Coronavirus.

Danse © Nadia AGSOUS Danse © Nadia AGSOUS

 

Les « Toubab » responsables...

Le coronavirus est pris très au sérieux au Sénégal depuis le premier cas déclaré il y a quelques semaines. Mais actuellement, il y a un sentiment de haine à l'égard des "Toubab", c'est-à-dire les Blancs. Les Sénégalais leur en veulent car c'est un Français qui a importé le premier cas de Covid-19.

L'état de confinement n'a pas été instauré. Mais tout le monde prend ses précautions et applique scrupuleusement les consignes sanitaires. Les règles d'hygiène ainsi que les gestes barrière sont également respectés. Dans les rues, les gens portent des masques; beaucoup utilisent le gel hydro alcoolique pour se désinfecter les mains, et la distance de sécurité d'un mètre est respectée et appliquée de manière rigoureuse. 

Il s’en passe des choses…

Je suis allée en ville, à Dakar-Plateau, le lendemain de l’instauration de l’état d’urgence et du couvre-feu. Ce lieu qui, d’habitude, ressemble à une fourmilière (full de monde), était désert. C’était bizarre. Les rues avaient une allure fantomatique. Cela montre que les gens ont vraiment peur du coronavirus et ils ne veulent pas prendre de risques. Beaucoup de magasins ont fermé leurs portes. Les commerces de première nécessité sont ouverts. Les rayons de l’hypermarché Auchan ont été pris d’assaut et vidés.

A la télévision, ils diffusent des informations officielles. Ils annoncent le nombre de cas atteints du coronavirus. Celui-ci s’élève à 71 cas, 2 sont rétablis et il y a 0 décès. 

Des médicaments contre le coronavirus tels que plaquenil et la chloroquine ont été mis en vente mais  l’Etat a tout réquisitionné. Nous avons pu acheter deux boîtes.

Des actions de solidarité…

J’ai vu plusieurs annonces qui proposent de l’entraide. Le groupe «Les Français à Dakar», par exemple, propose l’intervention de psychologues par le biais de vidéo conférences.

Des choses désagréables aussi...

Une jeune fille libanaise a contracté le coronavirus. La nouvelle a circulé très vite. Des messages vocaux ont été envoyés à un grand nombre de personnes et, en une fraction de seconde, la ville entière a appris la nouvelle et le nom de la patiente a été révélé.

Oui ! J’ai stocké de la nourriture. Et je pense beaucoup à ma famille qui vit en France et en Algérie, et tous les jours, je prie pour que les gens que j'aime soient épargnés et préservés.

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