Coronavirus se balade en Algérie

Kheltoum a passé plus d'un mois en Algérie, à Alger et sa périphérie, et à Saddouk, en Kabylie. Elle raconte ce qu'elle a vu et a vécu lors de son séjour. Coronavirus était arrivé avant elle au pays.

Nuage blanc © Nadia AGSOUS Nuage blanc © Nadia AGSOUS

Arrivée à Alger avec plus de quatre heures de retard...

J'ai atterri  à Alger le 1er mars, par un vol qui devait décoller à 19 h 10, après 4 heures d’attente à l’aéroport d’Orly. Avant le décollage, nous avons attendu 2 heures avant qu’un employé d’Air Algérie nous informe que la compagnie nous offrait un sandwich et une boisson.

Arrivée à Alger à 1 h 15.

Séjour à Bab Ezzouar (commune située dans la banlieue Est d'Alger) et balade dans Alger...

Les jours suivants, nous avons circulé dans Alger en prenant le métro et le tramway. Nous avons veillé à prendre des précautions. Dehors des enfants vendaient des masques et des lotions anti-bactériennes "VARIL".

Départ en Kabylie...

Séjour parmi une population très sereine qui ne sort que pour les besoins vitaux. Les femmes font du pain (aghrum) à la maison; elles revisitent les anciennes recettes de cuisine. L’ambiance est familiale. Nous avons fait une virée dans les champs, en voiture, à travers les pentes et les collines.

L’hygiène au coeur de l’action citoyenne...

Les jeunes de l'Association SEP (Seddouk Environment Prévention) de Seddouk ont organisé une opération pour nettoyer  les rues; ils ont également installé une citerne remplie d'eau et mis à la disposition des habitants du savon et de l’eau de javel.

22 Mars, retour à Bab Ezzouar...

La population respecte les consignes d’hygiène ainsi que les règles de distanciation sociale pour réduire la propagation du coronavirus. Les mesures d’hygiène sont tellement prises au sérieux qu’un jour, alors j’étais au marché couvert, une personne m’a proposé du gel alors que je venais d’acheter des oranges.

La solidarité se propage aussi...

Les jeunes ont beaucoup de ressources. Les commerçants ont été sommés d'aller à l'extérieur d'Alger pour  distribuer des fruits et des légumes à la population. Cet élan de solidarité montre que les citoyens sont conscients des manques et ils savent pertinemment qu’ils ne peuvent et ne doivent compter que sur eux-mêmes.

Les chiffres relatifs au nombre de personnes atteintes du coronavirus annoncés dans la presse ne correspondent pas à la réalité. Ils sont différents de ceux avancés par les professionnels de santé.

Une pétition circule pour transformer la Grande mosquée d'Alger en hôpital pour les contaminés du coronavirus. De mon point de vue, au lieu de bâtir cette mosquée, on aurait pu construire 48 hôpitaux. Cela aurait permis d’engager des travaux de réhabilitation dans les anciens hôpitaux qui souffrent de vétusté. Le secteur privé de la santé est mieux loti mais les frais sont très élevés.

Mes pensées vont à la majorité qui peine et souffre en silence.

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