Nassi est le prénom du protagoniste de votre roman. Qui est ce personnage qui revient au Caire, sa ville natale, après sept années d’absence ? Quelle est la signification de ce prénom ?
De ce personnage nous savons assez peu de choses sinon qu’il a vécu une partie de son existence en Europe et qu'il a été quelque peu usé par son exil. Il est arrivé à un point où il a souhaité, après sept ans d'absence, redécouvrir son pays d'origine. Il arrive donc avec de grosses d’énormes attentes, mais un incident survenu peu après son arrivée va lui faire perdre une partie de son identité, raison pour laquelle ses nouveaux compagnons choisissent de le nommer « Nassi », c'est-à-dire l'oublieux.
Quels sont les espaces et les temporalités que vous explorez dans votre récit ?
Les espaces que j'explore sont d'un côté les lieux - brouillés - de son exil, et de l'autre, la capitale égyptienne. Celle-ci est à la fois la ville plutôt paisible des années 1970 où il a tous ses souvenirs d'enfance, et celle d’après la Révolution manquée de 2011 qu'il redécouvre à son retour.
Agrandissement : Illustration 1
La ville du Caire joue le rôle d’un personnage à part entière. Dans votre présentation de la ville, on retrouve une dimension antagoniste. Le Caire est, d’une part, représenté comme un une ville lumière, humaine, solidaire. Elle est tendre, attirante, séduisante et attachante. Et d’autre part, elle est une immense ville chaotique, désarticulée et tentaculaire. Comment le périple mémoriel que Nassi entreprend dans sa ville natale l’aide-t-il à surmonter sa crise identitaire et à se réapproprier son objet perdu ?
C'est vrai que le Caire est une ville « terriblement attachante », et dans cette expression, les deux termes sont aussi importants l'un que l'autre. Si Nassi parvient malgré tout à y renouer avec lui-même, c'est en y retrouvant ses repères immuables – comme le Nil qui y coule en majesté – et plus encore grâce aux rencontres qu'il y fait dans ce second foyer qu'est devenu la pension où il est recueilli.
Votre roman interroge le rapport de votre personnage à l’exil et son appartenance au pays natal. Ces thématiques sont récurrentes chez les auteurs ayant notamment écrit sur l’Egypte. Si je peux me permettre une question plutôt personnelle, quelle est la part de l’autobiographie dans votre roman.
Je n'ai jamais eu – fort heureusement ! – d’amnésie comparable à celle de Nassi, mais je n'ai pas non plus – hélas ! – sa capacité à mémoriser de longs poèmes. En fait ce que j'ai en commun avec lui ce sont les souvenirs d'enfance cairotes (dont un, assez spectaculaire, qu'il faut laisser le lecteur découvrir) et les références littéraires ou ccinématographiques.
« Le Caire, à corps perdu », Éditions "Les Défricheurs", Collection "Exploratrices explorateurs", 228 p., Septembre 2024 - 19 euros.
A propos de l'auteur :
Agrandissement : Illustration 2
Pour en savoir plus sur l’auteur et le roman : https://www.editionslesdefricheurs.art/lecaireacorpsperdu