Pédophilie : le Pape en prison ?

"Partout, en Europe, il y a un appel croissant à poursuivre pénalement le pape Benoît devant le Tribunal pénal international (TPI) sur la base du fait que protéger l’Église et non ses victimes constitue un délit criminel. Geoffrey Robertson, membre du Conseil de la justice des Nations unies et président du Tribunal spécial sur la Sierre Leone, estime qu’il est temps de remettre en question l’immunité papale.
Dans un article publié par le London Guardian du 2 avril et intitulé : « Le pape au banc des accusés ! », Robertson écrivait : « L’immunité juridique ne peut être maintenue. Le Vatican devrait ressentir le plein poids des lois internationales. La pédophilie est un crime contre l’humanité. Que le Vatican prétende être un État – et que le pape soit chef d’État et, de ce fait, à l’abri de toute action juridique – ne peut résister à l’enquête. »
Bien sûr, il convient de rappeler que le TPI ne doit traiter des accusations que contre quatre États africains visés par l’impérialisme. Les crimes de guerre américains en Irak et en Afghanistan, ainsi que les crimes israéliens contre des civils palestiniens et libanais ont été ignorés par le TPI. En tant que bastion de l’impérialisme américain à l’échelle internationale, il est peu probable que le Vatican doive répondre à des accusations d’ici peu de temps."

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"Ce n’est pas une contradiction si des prêtres qui ont abusé d’enfants ont été protégés et cachés alors que les forces religieuses qui ont cherché à défendre les droits des opprimés et à rallier leurs mouvements ont été obligées de démissionner. L’indulgence envers les hommes de main criminels et la répression brutale des progressistes sont deux facettes de la même politique de classe consistant à défendre l’autorité de l’ordre hiérarchique établi. La même approche a joué dans chaque question sociale. "

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"Le plein poids des institutions ecclésiastiques aux importants financements et à la grande influence politique a été utilisé de façon agressive dans la société laïque afin de s’opposer à la libéralisation de la législation sur le divorce et au droit de la femme à contrôler ses naissances et à avorter. L’Église catholique a organisé et financé des campagnes politiques contre les mariages homosexuels et l’adoption des enfants par des couples homosexuels. Mais, alors qu’elle proclame son devoir religieux de protéger « l’enfant qui n’est pas né », elle refuse de protéger les enfants qui sont soumis directement à son contrôle.
Quand la tempête de protestations s’accrut à propos des agressions que subissaient les enfants qui leur étaient confiés, ce groupement réactionnaire tenta de transformer cette couverture criminelle en une lutte contre les homosexuels en liant la pédophilie, c’est-à-dire les sévices sexuels sur de jeunes enfants, à l’homosexualité entre adultes consentants."

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"Des excuses prudemment fignolées n’acceptant pas le moindre blâme et des rencontres du style relations publiques, préparées à l’avance, avec quelques personnes choisies ayant survécu à des sévices, ne résoudront pas la crise à laquelle est confrontée la direction réactionnaire de l’Église.
Aujourd’hui, ceux qui ont souffert de sévices ont trouvé leur voix en même temps que des alliés."

 

TEXTE COMPLET ("Papauté, pédophilie, et lutte des classes", trouvé dans le blog de Michel Collon) :

http://michelcollon.info/index.php?view=article&catid=6&id=2748&option=com_content&Itemid=11

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