La guerre, vous et moi

Voici donc qu'après avoir craint que Nicolas Sarkozy nous impose une guerre qui lui aurait permis de rester à l'Elysée, je constate avec vous que c'est le président "socialiste" qui, 6 mois après son arrivée à l'Elysée, précipite le pays dans un conflit que G. W. Bush n'aurait pas renié

Voici donc qu'après avoir craint que Nicolas Sarkozy nous impose une guerre qui lui aurait permis de rester à l'Elysée, je constate avec vous que c'est le président "socialiste" qui, 6 mois après son arrivée à l'Elysée, précipite le pays dans un conflit que G. W. Bush n'aurait pas renié : nos braves soldats sont au Mali pour y détruire un à un tous les maudits intégristes armés qui s'emparent de l'Afrique que nous avons si difficilement quittée après l'avoir colonisée !

Ils iront massacrer tous les maudits mauvais musulmans jusque dans les chiottes, à la Poutine. Bref, nous voilà plongés pour bien des années dans la guerre anti-terroriste.

Puissions-nous en sortir fiers de nous, citoyens et citoyennes épris de paix partout dans le monde, et d'abord loin des otages et des bombes dans nos villes.

Inch allah, comme disent nos ami-e-s qui croient en ce dieu-là.

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Je complète avec l'intervention pour le groupe GDR de François Assensi, député FdG de la FASE, le 16 janvier (extraits) :

 

Notre pays a pris ses responsabilités, mais le cavalier seul de la France est préoccupant. En effet, il nous isole sur la scène diplomatique, nous expose en termes de sécurité et nuit à la crédibilité même de l’intervention.

La communauté internationale, nos alliés, font assaut de déclarations pour saluer notre engagement, sans apporter de solidarité en actes. Le soutien unanime masque une lâcheté générale. Cet attentisme est consternant.
Quand conforterons le système onusien en réformant les mécanismes de décision qui le sclérosent ?

Je pose également la question : où est l’Union européenne dans ce conflit ? Son inertie illustre l’impasse actuelle de la construction européenne. (…)

Comment ne pas percevoir le poids de la colonisation dans le conflit actuel et l’héritage de frontières tracées artificiellement ?
Au Mali comme sur l’ensemble du continent, les impérialismes ont déchiré des régions, aggloméré des peuples rivaux, afin de préserver leur influence sur ses richesses.
Ce temps doit être véritablement révolu, en Centrafrique, au Gabon, au Niger. Des engagements ont été pris, nous attendons des gestes forts, au plus vite. (…)

La solution au chaos et à la déstabilisation du continent africain n’est pas militaire, mais politique, sociale et économique. Les pays du Nord doivent enfin promouvoir un développement partagé de la planète. L’Afrique est une terre de grande richesse. Ses richesses premières doivent bénéficier aux peuples, et non être pillées. Ses richesses humaines et intellectuelles, elles aussi, doivent pouvoir rester dans leur pays et participer au progrès de leur société, et non être contraintes à l’exil en Occident.

Il a beaucoup été question de l’ « homme africain » dans un passé récent.

Cet homme africain, la femme africaine, sont pleinement dans l’Histoire de notre temps, ils sont les acteurs du monde de demain. Respectons-les, marchons à leurs côtés !

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