Bienvenue en Israël!

Bienvenue chez vous! Ca y'est, je suis rentrée. Repartie, revenue... je ne sais plus. Une chose est sûre: l'arrivée à Ben Gourion est beaucoup plus joyeuse que le départ.

Bienvenue chez vous! Ca y'est, je suis rentrée. Repartie, revenue... je ne sais plus. Une chose est sûre: l'arrivée à Ben Gourion est beaucoup plus joyeuse que le départ.

Dès que la terre promise apparaît sous les nuages, l'impatience grandit à l'intérieur de l'appareil... Les petits Français avec qui je voyage trépignent... C'est ta première fois en Israël? Oui... Généreuse, je lui donne ma place fenêtre pour qu'il puisse à loisir s'amuser à discerner les lumières télaviviennes... et surtout pour qu'il arrête de le faire par dessus mon épaule.

 

De toute manière, impossible de dormir, les colos de vacances venues des quatres coins de la France pour aller découvrir Haaretz, le pays, improvisent des jeux et des chants plus ou moins liturgiques...

 

Je relativise, les hôtesses de l'air beaucoup moins. Je suis ravie de voir que mes dix jours à Paris n'ont en rien entamés ma connaissance de la langue: je comprends chacune des insultes qu'elles profèrent en direction des « débiles de singes Français qui ont collé du chewing gum sur le chariot duty free » Ah... On est pas aimé. Mais il faut voir les représentants qu'on se paie. Et les enfants ne sont pas les pires. OUAIS... ON ARRIVE... OUAIS...!! Pour le pilote hiphiphip!! Je ne dormirais donc jamais. Bah, tant pis.

 

L'atterrissage sous les applaudissements est suivi d'une ruée vers la sortie sur le mode le dernier dans l'avion est qu'un naze. Un parent d'élève embrasse le sol en linoléum qui tapisse le couloir amovible à la sortie de l'avion. Les pions de la colo voudraient déjà être en Septembre.

Bienvenue en Israël. De long couloirs remplis de publicités qui répètent à l'infini un message, un seul: le tour du monde, c'est bien... mais être ici c'est drôlement mieux...! L'envie de voyage partait d'un désir de découverte, d'exotisme, de nouveau... Soit. Certes, certes, brebis égarées vous avez pu penser qu'ailleurs l'herbe serait plus verte, mais vous voilà revenues, et avouez... On est bien ici, non?

 

Ici ce qu'on vous vend, c'est du connu, du familier, des retrouvailles. Et les couloirs de l'aéroport vous rassurent: l'étrangeté c'est fini, place au connu, au reconnu, au rebattu, au tes

té et approuvé, au familier, au confortable.

Les nouilles Adama: les seules qui ont le bon goût de la maison...

La compagnie Orange qui vous accorde que Bali et Rio c'est pas mal... mais einkmobabait... il n'y a rien comme la maison...

 

Le fromage blanc COTTAGE (qui se paie une pub d'enfer, étalée sur les trentes mètres de pelouse qui jouxte les tapis roulants avant la douane): devinez qui vous attend déjà à la maison? (pour ceux qui n'ont pas suivi, c'est un pack de fromage blanc)

 

Et bien sûr la compagnie ELAL qui vous promet de vous faire sentir chez vous loin de chez vous...

 

Moi je me sens encore et toujours un peu déplacée, ici.

 

Mais comme dit Nadav, je suis une Juive, moi...

 

Et le Juif errant, comme le suggèrait déjà le magnifique livre de Albert Londres... le Juif errant n'arrive jamais vraiment

 

Je reprend mon errance en Israël.

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