revue de presse

Les journaux, « la prière du matin de l’homme moderne » comme disait Hegel… Ici, l’information c’est sacré et, bien sûr, en continu.

Nadav, par exemple regarde la page de nouvelles ynet entre quinze et vingt fois par jour. Nous étions en France pendant la deuxième guerre du Liban, perdus au fin fond de la sublime campagne Normande, et nous avons fait plusieurs kilomètres pour « lire » les journaux dans un cyber-café.

Il y a eu une attaque il y a deux jours : deux hommes ont été tués sur la frontières par des terroristes qui, semble-t-il, cherchaient à kidnapper des soldats.

On a suivi l’évolution des événements de demi-heure en demi-heure sur nos ordinateurs.

Il faut aussi dire qu’on a pas la télévision…

Après un attentat, il y a de la musique triste à la radio. Toujours plus ou moins les mêmes chansons.

Il n’y a pas eu d’attaque dans un bus depuis longtemps. Tfu-tfu-tfu (pour conjurer le mauvais œil…) Mais de toute manière, je ne prends pas le bus. Une fois j’étais assise dans un bus quand ma mère a téléphoné. Elle m’a demandé où j’étais, j’ai dit que je prenais le bus pour aller à la plage. Elle s’est mise à hurler. Plus jamais je prendrais le bus, elle m’a fait trop peur.

Les informations c’est en continu. Les analyses aussi, bien sûr.

Mais les journaux du week-end et leurs articles fleuves sur les derniers événements sont un rituel incontournable des fins de semaine.

Cette semaine, en vrac :

La demande de Olmert aux soldats d’essayer de se comporter plus humainement aux check-points fait la une des journaux.

Le scandale du « chametz » continue : la cour a fait passer une loi qui autorise la vente évidente de produit « chametz »(avec du levain dedans) pendant les Pâques. Avant on pouvait vendre du pain, mais pas l’exposer en évidence dans son magasin.

L’ex-président Katzav et sa décision de ne pas signer le compromis qui reviendrait à admettre sa culpabilité face aux accusations de viol et de harcèlement sexuel fait encore couler beaucoup d’encre. Les gens s’interrogent : manœuvre cynique ou décision courageuse ?

Le procès pour maltraitance d’une mère de huit enfant, dont l’un est en état de mort clinique après qu’elle l’ait torturé pour lui imposer des « corrections » salutaires selon un rabbin kabbaliste illuminé, depuis en cavale au Canada.

Une femme que ses disciples appellent « rabbi » décide de ne pas faire entendre sa voix (« la voix de la femme est comme son sexe », c’est dans la bible) et se voile des pieds à la tête. Oui, oui, comme une musulmane intégriste.

Un homme révèle que le président de l’association israélienne pour la libération du Tibet qui était son commandant à l’armée, a laissé commettre un double meurtre pendant son service. Le commandant, Nahi Alon, aujourd’hui un psychologue renommé ne nie pas les faits. Il dit qu’aujourd’hui il ne laisserait jamais pareille chose se passer. Que les soldats ne sont pas fous, que c’est la machine qui est folle. Ce commandant était promis a une brillante carrière en tant que psychologue à l’armée. Dans les années quatre-vingt, onze ans après les faits il a déposé une accusation contre lui-même, demandant qu’on le fasse passer devant la cour martiale. Troublés, ses supérieurs ont fini pas le démettre de ses fonctions, pour « comportement indigne d’un officier ».

Pendant toute la première partie de la semaine, il y a eu des manœuvres d’entraînement pour l’armée et pour les civils dans tous le pays. Les journaux du week-end racontent les succès et les couacs de ces fausses opérations.

Nadav et moi sommes allés interviewer les élèves d’un lycée près de la maison. L’école ne nous a pas donné la permission d’entrer, alors on a dû se contenter de ceux qui se cachaient des profs et fumaient des cigarettes plutôt que de descendre aux abris jouer à la guerre. Ils sont formels : si l’Iran attaque, ça sert à rien les abris…

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