Fin de semaine à Tel-Aviv

C’est bientôt Pourim, la fête des déguisements et des gâteaux fourrés aux pavot. En attendant de trouver un costume pour les fêtes qui s’annoncent, fin de semaine à Tel-Aviv.

Les suites de l’attentat à l’école de Jérusalem. Certains rabbins, s’appuyant sur les commémorations à venir, qui célèbrent la victoire des Juifs sur les Perses en un énorme bain de sang, ont tenu à dire que la vengeance n’était pas forcément mauvaise, et que dans certains cas elle pouvait se justifier. D’autres rabbins ont protesté, bien sûr. Toujours est-il que ces jours-ci la parole est aux religieux. Plus que d’habitude.

La trêve tacite a été interrompue. Des nouvelles menaces ont fait la une des journaux. Il paraît que des centaines de bombes humaines sont prêtes à envahir le pays. Elles iront cette fois jusqu’à Tel-Aviv.

En attendant, la terre tourne, le dollar est bas, le soleil est de sortie.

Il y a une valse constante entre le réel et le refoulement qui peut fatiguer, tout de même.

Dans les journaux du week-end, l’histoire de Doron Assaf, une très jeune fille qui s’est donné la mort un mois après avoir intégré le premier corps d’armée combatif entièrement féminin. Elle venait d’un kibboutz très à gauche, avait grandi dans les contradictions propres à ce milieu. On est contre l’occupation, mais on fait la guerre en première ligne. Son père était un héros de l’opération Entebe. Et un militant pour la paix. Elle allait à toutes les manifestations de la gauche, a rejoint une unité d’élite pour protéger les frontières. Ses parents lisent ses poèmes : « Allons à l’armée / on les trompera, on leur fera croire / que notre esprit est vigoureux »

Etre adolescent en Israël. Comme partout et pas tout à fait.

Chaque année, les écoles israéliennes envoient leurs collégiens pour un voyage à Auschwitz. Le voyage coûte un peu cher, mais tout le monde veut y aller. C’est l’occasion de quitter sa famille, souvent la première cigarette, la première cuite. Dana me raconte son premier baiser dans un dortoir du camp. Anat me dit que ses parents ne voulaient pas qu’elle y aille, ils lui ont proposé de lui refaire une garde-robe avec l’argent du voyage.

Les jeunes collégiens de Sdérot n’arrivent pas à rassembler l’argent nécessaire au voyage cette année. La compagnie d’aviation Elal leur a offert le billet. Commentaire ironique de Nadav : c'est éducatif, comme ça ils apprendront à relativiser les tirs de mortier.

Ça pourrait être pire.

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