suite à l'occupation du ministère de la culture à Rio de Janeiro

En résistance au gouvernement intérimaire illégitime et suite à la suppression du Ministère de la Culture, les artistes brésiliens ont lancé un mouvement d’occupation de lieux culturels emblématiques. A Rio, ils occupent le Palais Gustave Capanema, siège du Ministère de la Culture. Voici leur manifeste.

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Manifeste Culture pour la Démocratie. À partager.

 

 

 

Nous exigeons la démission immédiate du gouvernement illégitime qui essaye de s'instaurer. Nous ne reconnaissons pas Michel Temer comme Président du Brésil. Toute négociation avec le gouvernement est une manière de légitimer ce coup d'État.

 

 

 

En lutte pour nos droits, nous gouvernerons de façon réelle et symbolique en occupant - pacifiquement mais fermement - le Palais Gustave Capanema, siège du Ministère de la Culture à Rio de Janeiro. Nous réaffirmons que l'espace public est un lieu de lutte politique et que les occupations sont légitimes et nécessaires. Nous sommes les témoins en ce moment d'une tentative, de la part d'un gouvernement putschiste, de violenter la démocratie brésilienne et de déstabiliser le pays.

 

 

 

Le gouvernement illégitime a pris le pouvoir de façon arbitraire et a démantelé des missions essentielles de l'État brésilien comme la Culture, les Droits de l'homme, les Droits des femmes, l’Egalité raciale, les Peuples indigènes, le Développement agraire, la Providence, les Sciences et technologies, sans compter la suppression de la CGU (Inspection Générale des Finances de l’Union).

 

 

 

La suppression du Ministère de la Culture signifie non seulement la perte des droits des travailleurs de la Culture, conquis au cours d’une longue histoire de luttes et de défis, mais aussi la perte des droits du citoyen brésilien, garantis par la Constitution de 88.

 

Outre les dommages causés au patrimoine matériel et immatériel de la culture brésilienne, cet arbitraire représente un recul historique face à un héritage laissé par les acteurs culturels, individuels et collectifs, dans leurs différents champs de création.

 

 

 

Pourtant il ne s’agit pas seulement de garantir la survie d’un secteur. Notre occupation du Palais Capanema vise avant tout la fin du gouvernement illégitime de Michel Temer. Nous refusons de négocier avec les colonels du XXIème siècle. En ce moment, le vrai gouvernement est ici, dehors, dans les rues, dans les occupations.

 

 

 

Nous ne renonçons pas à l’Etat de droit démocratique au Brésil. Nous appelons toute la société à la résistance.

 

 

La lutte pour la démocratie n’a pas de fin !

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