Il fait chaud à Tel-Aviv

Il fait chaud. Trop chaud. Chaud comme c'est difficile à imaginer quand on est loin des trente degrés accablants qui entourent Tel-Aviv depuis le mois de Juillet. Trente degrés moites, trente degrés mous, trente degrés et des poussières d'ailleurs... trente et quatre parfois, comme aujourd'hui.La ville est au ralenti... Enveloppés dans un petit nuage gris, mélange d'air lourd et chaud et de pollution atmosphérique, les gens marchent doucement dans les rues, cherchent l'ombre à tout prix. De l'eau, une glace...

Il fait chaud. Trop chaud. Chaud comme c'est difficile à imaginer quand on est loin des trente degrés accablants qui entourent Tel-Aviv depuis le mois de Juillet. Trente degrés moites, trente degrés mous, trente degrés et des poussières d'ailleurs... trente et quatre parfois, comme aujourd'hui.

La ville est au ralenti... Enveloppés dans un petit nuage gris, mélange d'air lourd et chaud et de pollution atmosphérique, les gens marchent doucement dans les rues, cherchent l'ombre à tout prix. De l'eau, une glace...

Ce n'est pas sérieux, la chaleur. On ne peut pas réfléchir de manière raisonnable quand on est constamment persécuté par l'air cuisant qui fait que TOUT colle, tout poisse, tout est mouillé et visqueux et un peu pas tout à fait propre. Conséquence directe de cette succession de jours chauds et humides: la ville pue. Macération de plantes dans les jardins publics, ordures oubliées au fond des poubelles pour le plus grand bonheur des mouches. Sans parler de la transpiration du voisin de bus...

Le mois d'Août ici est connu pour être celui de toutes les explosions. Avi Mograbi en a fait un film incroyable, témoin de la folie qui prend la ville à bras le corps lorsque le mercure monte... C'est vrai que le mois d'Août est celui où les rages ressortent, les comptes se règlent, la patience se perd... Et s'il ne faisait pas trop chaud pour s'entre-tuer, cela finirait mal...

Il faut bien trouver comment s'adapter... Pour cela, chacun ses méthodes... Il y a ceux qui jouent les vampires et ne sortent jamais avant le soir et la fraîcheur (relative) qu'il apporte. Il y a ceux qui transpirent allègrement, ne changent rien à leurs habitudes, insistent même pour vous faire la bise. Il y a ceux qui vivent à Tel-Aviv comme en Pologne, se claquemurent dans des salles et des voitures et des cinémas où l'air conditionné est poussé à fond, dorment avec un édredon en plume et vous expliquent que l'environnement ils veulent bien mais la chaleur, vraiment, ils ne sont pas faits pour... Et il y a tous les autres: on fait ce qu'on peut, on survivotte, on attend que ça passe... on se dit que ça pourrait être pire, on regarde la météo parisienne...

Cela crée une intimité, c'est sûr. Je connais beaucoup mieux mon voisin depuis qu'on se croise en maillot sur le balcon. On va pas faire de chichis, trop chaud pour les chichis. Et il a eu la gentillesse de me prévenir que si ma plante tournait doucement de l'oeil, c'est parce qu'elle est exposée plein sud... et qu'il faudrait que je la pousse vers l'autre coin. Sympa... D'autant que les conversations qui ne sont pas nécessaires sont absolument proscrites pendant le maudit mois d'Août. Un signe de tête et on se comprend... Trop chaud.

Je suis persuadée que l'une des raisons pour lesquelles les habitants de Tel-Aviv détestent autant ce mois d'Août, c'est parce que c'est le moment de l'année où tous aimeraient secrètement habiter à Jérusalem... Dans la ville sainte, même au plus fort du mois d'Août il fait chaud mais pas trop. Jamais trop. Tant mieux, cette chaleur est incompatible avec la religion, elle frise l'indécence.

 

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