Fiche pratique 11 : la valeur marginale décroissante

On entend partout des contre-vérités ou des explications partielles. C'est pourquoi j'ai créé quelques fiches pratiques. Chacune traite d'un seul sujet et l'explique de façon très synthétique et claire.

Quand on a soif, on va boire. Mais avez-vous remarqué que le premier verre d'eau désaltère davantage que le 3ème ? Certes le 3ème est toujours agréable, mais beaucoup moins que le premier. Quant au 5ème, il ne sert plus à rien. On ne l'apprécie même pas. C'est ce qu'on appelle en économie la valeur marginale décroissante. Car oui c'est aussi un terme économique qu'on peut donc très facilement appliquer à l'argent.

Si je ne gagne pas d'argent, le moindre euro aura une valeur inestimable. Avec une pièce de 2 euros, je vais pouvoir m'acheter du pain et un petit pot de pâté, industriel bien sûr. Mais au moins je vais pouvoir manger aujourd'hui. Reste à voir si j'aurai autant de "chance" demain.
Si je gagne 1 000 euros par mois, je vais avoir du mal à boucler mes fins de mois, je ne vais pas manger tous les jours à ma faim, mais je ne mourrai pas de faim.
Si je gagne 2 000 euros par mois, je vais manger tous les jours à ma faim et je vais en plus me payer quelques loisirs. En faisant attention mais je vais pouvoir le faire.
Si je gagne 3 000 euros par mois, je vais pouvoir me faire davantage plaisir, partir plus loin et plus longtemps en vacances, acheter une plus belle voiture avec des options par exemple.
Si je gagne 5 000 euros par mois, alors là c'est le top. En plus de tout le reste, le prix de la maison que je vais acheter sera moindre puisque je vais pouvoir augmenter mes mensualités et ainsi réduire les annuités de mon crédit (enfin... de ma dette (voir sur ce blog la Fiche pratique 6 : la dette publique)), et par conséquent payer au final ma maison moins cher que celui qui va gagner 2 000 euros. C'est le fameux adage de Coluche quand il parle des crédits : moins tu peux payer, plus tu payes.
Et si je gagne 10 000 euros, ben là je n'ai plus de contraintes. Je ne sais tellement plus quoi faire de mon argent que j'en fais n'importe quoi : je le mets dans la spéculation, je le planque dans les paradis fiscaux, et plein d'autres choses encore plus inavouables. Bref, gagner 10 000 euros ne sert à rien, n'a pas de sens, ne rend pas plus heureux.

Pour résumer, les euros que je gagne au-delà d'une limite qu'on pourrait estimer aux alentours de 5 000 à 6 000 euros mensuels ont de moins en moins de valeur.

Pourquoi alors, ceux qui gagnent des centaines de milliers d'euros par mois veulent-ils en gagner toujours plus ? Tout simplement pour le pouvoir. Ce dont ils ont une peur-panique, c'est qu'on les prive de leur pouvoir.

Il ne sert à rien de demander des augmentations de SMIC, de salaires, de prestations sociales... Pour résoudre notre problème d'injustice sociale, il suffit de prendre le pouvoir. Pas le pouvoir d'achat, juste le pouvoir. Celui qui permet de décider de ce qu'on produit, de comment on le produit, d'où on le produit et de pourquoi on le produit. Prendre le pouvoir non pas à l'Elysée mais sur les lieux de travail, là où est vraiment le pouvoir. Sans nous, ils ne sont rien. C'est nous qui les faisons vivre par notre force de travail et non pas eux qui nous font vivre en nous donnant des boulots pénibles, mal rémunérés, sans aucun sens, dégradés et dégradants.
Puisqu'ils ne sont pas plus heureux avec tout l'argent qu'ils nous volent, mettons-les dehors, prenons nous-mêmes les décisions dans le sens de l'intérêt général, et tout le monde pourra être heureux.

Prenons le pouvoir dans tous les lieux de travail, mettons en place une vraie démocratie à tous les étages et achevons le capitalisme avant qu'il nous tue tous. Voilà ce qui doit être notre seul objectif.

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