Hollande le Magnifique

François Hollande pense que la campagne désormais sent mauvais. C'est la dynamique Mélenchon qui semble lui avoir ouvert les narines et c'est Franz Olivier Giesbert qui nous en fait part

 

Le président socialiste François Hollande vient de mettre la dernière touche à un quinquennat flamboyant. Il vient  de dire  publiquement que JLM=MLP et FI=FN  et que  «  ça sent mauvais ». Voilà. Tout uniment. Tout simplement. Dans un journal pas franchement de son bord, enfin théoriquement,  Le Point,  et dans notre grand quotidien de référence, celui  du triumvirat macroniste Bergé, Niel, Pigasse.

Moi, quand j’ai lu Le Monde, j’ai halluciné : « Changement de pied. Alors qu’il avait décidé de rester sur l’Aventin jusqu’au premier tour, François Hollande sort du silence. Le président, qui s’exprime sur la Syrie, mercredi 12 avril, dans les colonnes du Monde, a également rencontré, le week-end du 8 et du 9, l’ex-patron du Point, Franz-Olivier Giesbert, pour évoquer la situation politique, l’exercice du pouvoir et le bilan du quinquennat. » (c’est moi qui souligne). Je pensais que rien ne pouvait plus m’étonner de la part du président, mais alors là ! que sans pudeur aucune il choisisse le directeur du Point  pour s’épancher en cette période porteuse de tant de risques et d’enjeux tant nationaux qu’internationaux, j’en suis restée bouche bée. Et donc je cite l’article du Point : François Hollande adresse, une mise en garde voilée contre le vote en faveur de Jean-Luc Mélenchon, pointant le "péril" consistant à regarder "le spectacle du tribun plutôt que le contenu de son texte".

… Il redoute que la « dernière quille à rester debout » ne l’emporte dans la dernière ligne droite, le 23 avril et le 7 mai, alors qu’Emmanuel Macron et Marine Le Pen semblent marquer le pas dans les enquêtes d’opinion. « Il peut exister chez les Français la tentation d’abattre le ou les favoris du scrutin », analyse un proche du président, qui y voit l’une des causes de la « mode Mélenchon ». « Cette campagne sent mauvais », a lancé en privé M. Hollande…

On ne peut aller plus loin pour faire tomber le masque. Il n’y a plus aucune retenue. Jusque-là, cette campagne n’avait en somme pas d’odeur. Pas d’odeur de corruption, pas d’odeur de trahison, pas d’odeur de mépris pour la démocratie, de mépris pour les électeurs de tous bords, pour les institutions bafouées allégrement et sans vergogne par deux candidats mis en examen, par les menaces de mort à l’adresse des journalistes et des juges. Peut-être que ça ne sentait pas tout à fait la rose, mais François Hollande en public et en privé n’éprouvait pas le besoin de faire savoir qu’il en était incommodé. Il restait « sur son Aventin ». Mais là, tout d’un coup, la peur les fait tous sortir du bois : les français donnent l’impression d’avoir envie de voter « pour » et de moins se résigner au vote utile. Et ils ont un candidat, « un tribun » (reconnaissons que c’est un art dont Hollande est bien dépourvu…) qui donne envie, et le vote le 23 avril risque de ne plus être confisqué par les frères jumeaux de l’alternance… grâce au repoussoir utile du  FN.

Et si le Lecanuet des temps modernes se plante, si Macron est désormais fragile… ce n’est pas l’Aventin qui attend tout ce petit monde de faux désaccords et de vraie convergence, mais la Roche Tarpéienne. Et on sabrera le champagne ou ce qu’on aura sous la main parce que la France Insoumise, avec Mélenchon, aura fait un immense travail.

 

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