Étudiants et Étudiantes, dehors

Dehors, vous n’avez rien à faire là. Le métier d’AED ne devrait pas être pour vous. Vous n’avez rien à faire là.

    Dehors, vous n’avez rien à faire là. Le métier d’AED ne devrait pas être pour vous. Vous n’avez rien à faire là. Retournez à vos cours et à vos dossiers, retournez à vos mémoires et à vos amphis. Je devrais y retourner moi aussi. Le métier d’AED ne devrait pas être pour nous. Nous n’avons rien à faire là ! Même si le métier est considéré comme un métier taillé pour les étudiant.e.s, je le répète, je l’affirme même : Étudiants et Étudiantes, dehors !

    Les étudiant.e.s ne devraient avoir rien d’autre à faire que d’étudier. Il faut en finir avec ce concept absurde « d’étudiant-salarié ». Quelqu’un qui étudie devrait pouvoir s’y adonner pleinement sans être détourné par des nécessités financières. Non, l’enseignement supérieur n’est pas gratuit et non les bourses ne permettent pas de subvenir aux besoins des jeunes étudiantes et étudiants. Les faire travailler ne contribue qu’à les enfermer dans un cercle vicieux de précarité financière et universitaire. C’est un fantasme de croire qu’il est possible de pleinement s’investir dans l’université tout en travaillant. D’autant plus que les, puisqu’on appelle cela comme ça pour les jeunes,  « jobs alimentaires » sont souvent des travaux fatigants et aux horaires trop peu souvent compatibles avec les cours. 

    Alors oui il est écrit textuellement que ce métier d’Assistant d’Éducation est constitué pour favoriser le travail des étudiant.e.s par des nuits d’internat et des horaires adaptés aux heures de cours. Mais il faut bien se dire deux choses. D’abord le système ne marcherait pas s’il n’y avait pas des AED qui ne sont pas en études supérieures pour combler les aménagements des étudiants. Ensuite Il n’est pas possible aujourd’hui d’affirmer qu’une majorité d’AED sont des étudiant.e.s ce serait même plutôt l’inverse. Même s’il ne semble pas exister de chiffres, nombreux et nombreuses sont les collègues qui ont des enfants à charge, qui parfois s’en occupent seul.e.s. La moyenne d’âge aussi semble plus s’approcher des 25-30 ans que des 18-25 ans. 

    En développant ce propos je suis conscient que je remets en cause ma présence dans la vie scolaire comme celle de nombre de mes collègues mais n’est-il pas nécessaire de regarder la réalité ? Ni les étudiants, ni les AED sans autre emploi ne sont formés à l’accompagnement des élèves. Quelques un.e.s ont peut- être eu la chance de passer un BAFA mais très rares sont conscients de leur rôle pédagogique auprès des enfants. Il est nécessaire de former les AED. Il est nécessaire de faire évoluer ce métier pour qu’il réponde aux besoins des élèves. Maintenir la position d’un métier pour les étudiants c’est affirmer que les enfants ne méritent pas un encadrement correct.

Car ne nous devons-nous pas d’exiger le mieux pour les enfants ? Ils et elles sont l’avenir pas seulement de notre pays mais du monde. À l’heure où ce dernier est au plus mal n’est-il pas temps de faire en sorte que la relève soit en mesure d’assurer un monde meilleur ? Mais peut-être que je me trompe en affirmant cela et que ni les étudiant.e.s ne méritent d’étudier correctement, ni les enfants ne méritent d’apprendre convenablement ? Dehors les étudiants.e.s, il est peut-être aussi temps de réclamer les moyens de pouvoir étudier librement et sans contraintes ? Dehors c’est la rue et la rue reste le meilleur endroit pour battre le pavé !

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