Souillac écolo?

A la lecture du compte rendu de la première séance du nouveau conseil municipal et du premier éditorial du maire dans le Bulletin municipal d'information on est en droit de se demander si, soudain, Souillac ne serait pas devenue une ville écolo...

Conseil municipal de Souillac Conseil municipal de Souillac
Le premier conseil municipal de la nouvelle mandature s'est tenu le jeudi 11 juin sous la présidence du nouveau maire Gille Liébus. Selon le compte rendu publié par la Dépêche ce premier conseil « s'est déroulé dans une excellente ambiance, très courtoise et (qui) aura duré moins d'une heure malgré un ordre du jour très fourni... ». N'est-ce pas là une affaire rondement menée, à moins que l'on ne manifeste un brin de scepticisme devant une démocratie pour le moins expéditive. Car, en ce moins d'un heure ont été approuvées la nomination des délégués, la répartition des indemnités, et la réalisation d'une voie verte entre Souillac et Baladou en passant par Lachapelle-Auzac et Mayrac. Bravo !

D'autant plus bravo que prenant connaissance du Bulletin municipal d'information dans lequel le maire, après les remerciements d'usage, nous assure « que la crise sanitaire semble s'améliorer nettement (sic) » ce qui aux dernières informations n'est pas du tout évident), Gilles Liébus nous assure que :

Une attention toute particulière sera donnée (sic) à la jeunesse souillagaise, au développement durable et à la transition écologique dans toute nos actions, sans que cela soit contradictoire avec la nécessaire revitalisation de notre ville et des projets pour lesquels nous avons été élus.

Comme il était dit dans une précédente chronique pour ce qui concerne Gilles Liébus ce n'est pas d'une prise de conscience écologique qu'il s'agit mais bien d'une conversion au sens pour ainsi dire religieux du terme. Cependant, à la lecture de son éditorial une ambiguïté demeure car on ne voit pas comment il pourrait porter toute son attention au développement durable et à la transition écologique tout en maintenant son projet de cité de la mode et du luxe qui prévoit le bétonnage de terres agricoles et la circulation sur les berges de la Borrèze de 3000 voitures quotidiennes sa ns compter la construction d'un parking de 1200 places, etc.

Sans compter le projet totalement fou du lac de Tolerme qu'il concocte en tant que président de COVALDOR . On ne voit pas comment il pourrait résoudre sa contradiction sinon en abandonnant ces projets d'un autre temps au profit de réalisations respectueuses de l'environnement, c'est-à-dire de la vie des gens. Car en effet d'autres solutions existent, il suffit pour s'en convaincre de consulter les propositions de la Convention citoyenne approuvées par le chef de l'État et, maintenant, les programmes des nouveaux maires élus sous les couleurs de l'écologie.

A cet égard, un signe de la réalité de la conversion de Monsieur le Maire et Président consisterait en une déclaration du Conseil municipal « d'état d'urgence climatique » comme vient de le faire Jeanne Barseghian, nouvelle maire de Strasbourg, après Paris, Barcelone et bien d'autres.

En attendant cette concrétisation de la conversion du maire de Souillac les opposants aux projets baroques d'un autre temps demeureront vigilants et ne manqueront pas de rappeler aux élus locaux leurs devoirs en matière de développement durable et de transition écologique, notions auxquelles ils viennent de se rallier par la voix et la plume du premier d'entre eux.

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