Valls et le fascisme espagnol

Ce dimanche 10 février la droite épaulée par l'extrême droite espagnole a réuni quelque 45 000 personnes dans le centre de Madrid.

Ce dimanche 10 février la droite épaulée par l’extrême droite (pour peu que l’on puisse percevoir une différence entre les deux) espagnole a réuni quelque 45000 personnes sur la place Colón de Madrid. Sur la photo officielle réunissant les dirigeants ayant appelé à cette manifestation on peut voir le tout nouveau président du PP (partido popular) Pablo Casado, le leader de Ciudadanos Albert Rivera et le chef du parti fasciste (fasciste, et il ne le cache pas, lui) Santiago Abascal.

Il convient de rappeler ici que le PP fut créé par d’anciens ministres franquistes dont Manuel Fraga Iribarne, célèbre pour sa brutalité et son indéfectible attachement à Franco. José María Aznar, qui lui succède à la tête du PP, est lui aussi issu du franquisme, plus précisément de la « Falange española », parti fasciste (créé par José Antonio Primo de Rivera) dans les rangs duquel il milita dans sa jeunesse.

Albert Rivera, fondateur du parti Ciudadanos, qui se dit centriste de droite et grand admirateur de Macron, vient aussi du PP où il milita dans sa jeunesse. Il ne sait pas trop où se poser ce qui ne l’empêche pas de poser sur cette photo tout près de Casado et non loin de Abascal.

Celui-ci, totalement décomplexé depuis que son parti « Vox » a obtenu une douzaine de députés en Andalousie, n’hésite pas à affirmer qu’il quitta le PP parce qu’il le trouvait trop à gauche et à proclamer dans ses discours d’une voix forte ce que les autres n’osent que murmurer.

Car, de fait, ce qui unit ces gens-là outre leur volonté de maintenir une Espagne libérale, soit, comme partout, un pays où les riches s’enrichissent et les pauvres s’appauvrissent, ce qui les unit donc n’est autre que le nationalisme obtus et le traditionalisme clérical, fondements même du franquisme.

C’est ainsi que Abascal peut proclamer haut et fort sa haine des immigrés, des homosexuels et du mariage pour tous, son opposition à toute loi autorisant l’avortement, son admiration pour la famille traditionnelle fondement de, etc., pour l’armée et la tauromachie, sans que ses deux compères de Ciudadanos et du PP ne voient là nulle raison pour refuser de s’allier à lui.

Eh bien, c’est avec ces gens-là que Manuel Valls (en compagnie de son ami Vargas Llosa bien sûr) manifeste et appelle à manifester. Car, affirme-t-il, il s’agit d’une manifestation « transversale » et pas du tout d’une manifestation de droite et d’extrême droite.

Pauvre homme…

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