Souillac : une tradition de solidarité

Il y a bien longtemps, à peu près à cette époque, nous, réfugiés de la guerre d’Espagne, fûmes accueillis à Souillac et dans sa région par des femmes et des hommes bons. Bons, c’est-à-dire généreux et attentifs au désarroi des autres, bref, solidaires.

Il y a bien longtemps, à peu près à cette époque, nous, réfugiés de la guerre d’Espagne, fûmes accueillis à Souillac et dans sa région par des femmes et des hommes bons. Bons, c’est-à-dire généreux et attentifs au désarroi des autres, bref, solidaires.

 Aujourd’hui d’autres réfugiés (mot que je préfère à celui de migrants car on est toujours réfugié de quelque désastre, guerre, dictature ou misère) sont accueillis par des femmes et des hommes bons. Ne vivant plus à Souillac j’ai demandé à Anne-Marie Delannet, inlassable animatrice du groupe local d’ATTAC de raconter cet accueil des nouveaux réfugiés. Voici son témoignage auquel je n’ai pas changé une virgule pour ne pas en altérer la chaleureuse spontanéité.

 

SESAM : Souillac Echange Solidarité Accueil des Migrant-e-s

Les Souillagais ont été informé de la création d' un CADA à Souillac en décembre 2018. Et immédiatement nous avons réfléchi à ce que nous pouvions faire.

1ère initiative : un « festival » d'un dizaine de films sur l'exil à partir du mois de mars 2018 pour sensibiliser les habitants à l'arrivée des migrants (avec un succès relatif).

Les 1ers migrants arrivent au mois d'avril, ce sont des Afghans puis des Soudanais, une famille macédonienne ( dont la demande d'asile a été rejetée et qui ont accepté l'aide au retour), un couple sénégalais avec 2 jeunes enfants, 1 Érythréen,un ivoirien, une famille du Bengladesh avec 4 enfants. Il y a 29 places dans les HLM et d'autres studios vacants ( anciens logements des stagiaires du CFPPA ). Au fur et à mesure tous les logements sont occupés. Tous sont inscrits aux restos du coeur.

En juillet les Afghans donnent un coup de main au festival de jazz. Nous les accompagnons à la « rando-jazz », au concert à Pinsac.

En septembre : Forum des associations. Certains s'inscrivent au foot, l'un d'eux est repéré pour le rugby, un à la chorale ( où il apprend et chante la Marseillaise !...), un autre au dessin.D'autres vont à la piscine emmenés par l'un d'entre nous).

En octobre nous constituons l'Association. SESAM a pour but d'accueillir et d'accompagner les nouveaux arrivants mais également de créer un lieu avec les associations locales et lapopulation.

Nous nous réunissons tous les lundi et faisons connaissance avec les nouveaux venus au fur et à mesure. Depuis la mairie nous prête la salle Victor Hugo et c'est là que nous nous réunissons et donnons les cours de Français. A signaler que les rapports sont excellents entre la mairie et notre groupe. des réticences existent au sein de la population. 

 

Nos actions :

 En juin 2018 : un repas partagé avec le SEL dans notre jardin.

Des réunions hebdomadaires qui permettent de faire le point sur leur situation et de faire des projets.

En septembre nous emmenons tous les volontaires au lac des Causses faire un tour en voilier.

Sortie à Rocamadour pour les Mongolfiades.

Atelier vélo pour mettre en état des vélos donnés.

Cours de français et lecture tous les jours en tenant compte des niveaux. : 8 personnes sont mobilisées. 2 profs spécialisés FLE nous ont rejoints. Enormes progrès dans l'apprentissage de la langue. Le CADA ne leur donne que 2 heures de cours/semaine.

Pour l'inauguration de notre local nous avons invité les responsables de toutes les assoc. Partenaires ( Croix Rouge, Secours Pop., foot, Restos du coeur, CADA,). Nos amis migrants avaient apporté toutes sortes de choses délicieuses.

Fête du Nouvel An en invitant le plus largement possible : la mairie nous prête la Salle Du Bellay. : mélange de saveurs afghanes, syriennes, sénégalaises et locales.

Fête de la Chandeleur : idem.

En projet des randonnées avec pique nique : avec 5 ou 6 voitures nous embarquons tout le monde!

Nous avons gardé les enfants de Fily et M'Bamoussa quand ceux-ci ont été convoqués à Toulouse ( le CADA n'avait pas de solution).

Co-voiturage pour faire des courses alimentaires à Brive .

Pour ceux qui ont le droit de travailler il y a le problème de la mobilité : sans voiture on ne peut pas se déplacer dans les environs.

Certains étaient au CADA de Gourdon avant Souillac et ils y retournent souvent, ne serait-ce que pour prendre leur quota d'heures de cours obligatoires quand ils ont leurs papiers et ils prennent le train.

Nous allons adhérer à la FASTI de façon à être mieux formés et informés.

Mais nous sommes tous inquiets pour l'avenir : que ferons-nous pour ceux qui seront déboutés ?

 

Rien à ajouter me semble-t-il sinon : salut et fraternité !

 

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