Souillac sur Dordogne ou sur "luxe"?

Où en est le luxe à Souillac, autrement dit le projet farfelu de « Cité de la mode et du luxe » rebaptisée « des arts créatifs » car, tout de même, le luxe par les temps que nous vivons..., « c'est un peu la honte » ?

viaduc

 

 

La Dépêche du Midi (7 novembre) vient de donner la parole à Gilles Liébus, ancien président de CAUVALDOR (communauté des communes ), et à Raphael Daubet, le nouveau président. Que dit « l'ancien » ? Ceci : « il faut dépasser les clivages politiques pour faire aboutir ce dossier car nous ne sommes plus en campagne » !

Ah bon ? Tout ce remue-ménage n'est donc rien d'autre qu'une question de « clivages politiques » ? Nous pensions qu'il s'agissait plutôt de l'intérêt et du bien-être des citoyen(ne)s et non d'un enjeu de campagne, autrement dit de course aux postes prestigieux et... rémunérateurs.

Puis il se plaint. Figurez-vous qu'on ne lui a pas donné la parole lors de la cérémonie d' installation du Bachelor de Thierry Marx. Eh oui, que voulez-vous, c'est ainsi, quand on n'est plus président on n'est plus président...

Plus gravement « l'ancien » affirme que rien n'a été caché dans le « portage » (sic) de la Cité de la mode alors que le « nouveau » affirme de son côté qu'il n'y a eu aucune délibération « à destinations spécifiques de ce dossier, ou bien on nous a trompés ».

Il y avait un Comité de pilotage conteste « l'ancien », oui mais sans aucun élu communautaire, il n'était constitué que d'agents des services rétorque le « nouveau ».

Je n'ai fait prendre aucun risque à CAUVALDOR, poursuit « l'ancien » (il a juste dépensé 2,5 M€ d'argent public en achats de terres et d'immeubles sans aucune garantie de la part des fameux « porteurs »). Mais alors qu'en est-il du protocole porté par CAUVALDEX, une association indépendante de CAUVALDOR, signé par le vice-président... G. Liébus avec les « porteurs » ?

Ce protocole est caduc précise le « nouveau » « la disposition prévoyant un dépôt de permis de construire en 2019 n'ayant jamais abouti ». Et d'ajouter : « tout était verrouillé sous l'argument du confidentiel. Nous faisions confiance ».

Bref, les deux hommes ne sont d'accord sur rien sauf sur leur volonté, semble-t-il de, malgré tout, faire aboutir ce funeste projet. A cet effet le nouveau président a missionné un cabinet de juristes d'affaires et fait rédiger un protocole à l'intention des « partenaires » signifiant la volonté de CAUVALDOR de poursuivre ensemble ce projet.

Aucune nouvelle des dits « partenaires » depuis trois semaines. Pourtant Raphael Daubet avait pris la précaution, en signe de bonne volonté, de désigner un interlocuteur que ces « partenaires connaissent bien : G. Liébus !

Autre élément partagé entre les deux hommes, conclut la journaliste Laetitia Bertoni, le souhait que ce dossier avance avec les « partenaires » avant la fin de l'année.

Quant à nous, opposants à ce projet regroupés au sein de « l'Association de défense des habitants », nous ne pouvons que déplorer de ne pas avoir été conviés à participer à la commission mise en place par R. Daubet sur laquelle G.Liébus « fonde beaucoup d'espoirs », ne serait-ce qu'à titre d'observateurs. Ce serait là un signe de fonctionnement démocratique authentiquement « transparent ».

Cependant, au cœur de ce marasme d'opacité, de flou et d'incertitudes il est une certitude que doivent prendre en compte les élus, les « porteurs » et autres « partenaires » : ce projet ne verra pas le jour (comme n'ont pas vu le jour les projets similaires de Saint-Geours, Niederentzen, Fourné, Saint-André-de-Cubzac, Coutras, Sorigny, Le Muy, Marchecoul, Gonesse, Plaisance du Touch, Pleurtuit, La Cavalerie) car nous, habitants du lieu-dit « Viaduc, Aubugues, Timbergues » nous y opposerons par tous les moyens possibles.

En revanche, comme nous l'avons dit à R. Daubet au cours des deux entretiens que nous avons eu avec lui, nous sommes disponibles pour présenter les grandes lignes d'un projet alternatif respectueux de la biodiversité et de l'environnement, c'est-à-dire des femmes et des hommes de Souillac.

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