Le Président (de cauvaldor), les Asiatiques, le shopping et les doryphores

Le Président de Cauvaldor (causses vallée de la Dordogne), l'homme qui, à Souillac, poursuit son délire consumériste de luxe et qui reproche à ses contradicteurs de «faire de la politique» vient d'être nommé référent LREM pour le Lot. Ce qui de toute évidence n'a rien à voir avec la politique.

 

On pourrait en sourire si ce n’était pathétique. Voici en effet le président de CAUVALDOR (Communauté des communes Causses Vallée de la Dordogne), qui a réussi la prouesse de dresser contre lui tout ce que la région compte de notabilités, non seulement les élus de Brive, Périgueux, Tulle, Terrasson mais encore les chambres de commerce qui aimeraient bien en savoir un peu plus sur ce fameux et fumeux projet de « Cité de la mode et du luxe » concocté par le Président et qui manifestement ne sont pas disposées à sacrifier leurs propres administrés sur l’autel du délire pharaonique du petit pharaon du Nord du Lot.

Délire dis-je car en effet le Président s’exprimant sur une télévision locale fait part de sa pénétrante connaissance du monde asiatique, affirmant sans sourciller que la « cible » comme on dit en langage technocratique, ce sont les Asiatiques qui ne recherchent pas spécialement le soleil mais bien plutôt le… shopping.

On mesurera sans peine dans cette affirmation le soupçon de condescendance pour ne pas dire de mépris (mais, je le concède, sans doute inconscient) de ces « Asiatiques » que l’on veut attirer à Souillac en flattant leur faiblesse pour le « shopping ».

le Président ne soupçonne manifestement pas que les Asiatiques les plus riches riches apprécient fort le soleil de Cannes ou de Monte Carlo et savent satisfaire leur goût du luxe bien plutôt Place Vendôme, rue Royale ou faubourg Saint-Honoré à Paris qu’à… Souillac. Quant aux autres dont le voyage a été financé par leur entreprise en récompense de leur discipline dont on peut avoir une faible idée en les voyant défiler derrière leur guide brandissant un petit drapeau, ils sont sans le moindre doute avides de toutes sortes de consommations. Mais à cet égard les hypothétiques boutique de pseudo luxe de Souillac seront bien impuissantes à concurrencer les Galeries Lafayette comme l’aéroport de Brive Vallée de la Dordogne est impuissant face à Roissy ou Orly.

Précisément à propos d’aéroport, n’est-il pas plaisant, quoique bien triste, d’entendre le Président menacer de ne plus verser sa petite participation à l’aéroport, moins qu’une piqûre de moustique sur le dos d’un éléphant, et pour couronner le tout, nous assimiler, nous, citoyens du Lot, à des doryphores se gavant de plants de patates. Ainsi si l’on file la métaphore présidentielle, profiterions-nous sans vergogne c’est-à-dire sans dépenser un sou de la patate « Brive, Vallée de la Dordogne ». J’avoue que j’ai un peu honte que notre Président puisse tenir de tels propos.

On se demande comment ce Président peut rêver de bétonner une zone encore préservée pour y construire plus d’une centaines de boutiques spécialisées dans le luxe, c’est à dire dans le frivole, un immense parking pour les milliers de voitures espérées quand partout dans le monde retentit la voix de centaines de scientifiques parmi les plus autorisés pour dénoncer la folie consumériste et prôner la sobriété et que se lève toute une jeunesse soucieuse de son avenir et non point de babioles luxueuses. On se demande.

A tout hasard je soumets au Président fasciné par le luxe et le gigantisme économique cet avis pour le moins autorisé :

La sobriété énergétique ne pourra venir que de la sobriété économique et sociale, et non de la démesure des fortunes et des trains de vie… (Thomas Piketty, Le Monde, 12/10/19)

Mais voici qu’au moment de conclure ce billet j’apprends que notre Président qui lors d’une récente réunion m’avait reproché de « faire de la politique » vient d’être bombardé référent de LREM pour le Lot ce qui, pour cet ancien socialiste, n’est évidemment pas « faire de la politique ».

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