Pablo Iglesias démissionnne

Tandis que Pedro Sánchez et son « compañero » Emmanuel Macron s'inclinent sur la tombe de l'ancien président de la République espagnole Manuel Azaña à Montauban, Pablo Iglesias annonce sa démission du poste de vice-président second du gouvernement.

Les copains d'avant Les copains d'avant

Il démissionne donc pour, assure-t-il, se présenter aux élections régionales de mai prochain à Madrid et ainsi affronter, sur le terrain, le fascisme qui sévit déjà dans la capitale sous la présidence de Isabel Ayuso (Parti populaire) dont la récente démission entraîne de nouvelles élections d'où elle espère tirer le plus grand avantage en compagnie de ses alliés de Vox (parti purement fasciste).

Pablo Iglesias a demandé à Pedro Sánchez de nommer à sa place Yolanda Díaz (Parti communiste et Unidas podemos), ministre du travail fort appréciée, qui en outre conserverait son portefeuille. Pour l'instant Sánchez semble favorable à cette solution. Le démissionnaire a immédiatement lancé un appel à son copain de jeunesse Errejón qui rompit avec Podemos pour former un nouveau parti, « Más Madrid » et qui fut battu aux élections régionales précédente par Ayuso.

Que penser de cet événement ? Il n'est pas courant qu'un homme au pouvoir démissionne pour affronter ceux qu'il juge non pas comme des adversaires politiques mais comme des ennemis, et qui le lui rendent bien. Il est encore moins courant qu'un chef de parti retire sa candidature aux prochaines élections générales (dans un an et demi) et donc à la présidence du gouvernement et désigne dès maintenant celle devrait assumer cette tâche : la même Yolanda Diaz.

Peut-être Pablo Iglesias est-il tout simplement fatigué, il est vrai qu'il en a vu de toutes les couleurs ces dernières années, jusqu'au siège de sa maison par les fascistes et les menaces d'une balle dans la nuque. Mais peut-être aussi a-t-il réalisé qu'il est plus un homme de terrain qu'un homme de pouvoir au plus haut niveau.

Quoiqu'il en soit il ne serait pas indifférent que son exemple soit suivi en France et que les egos surdimensionnés qui encombrent le paysage fassent preuve du même désintéressement et retournent à la base, comme on disait jadis.

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