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Billet de blog 16 nov. 2021

TGV Bordeaux-Toulouse : Delga déraille.

C’est vrai elle a été brillamment élue aux dernières municipales, la mieux élue de France même, ce qui ne signifie tout de même pas que toute l’Occitanie l’approuve en tout et pour tout. Seulement si on ne l’approuve pas on ment. La seule qui ne ment pas c’est elle !

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Ainsi Jadot ment, (il ne se trompe pas, il ment) quand il dit que le projet de TGV entre Bordeaux et Toulouse ne ferait gagner que vingt minutes. Peut-être, en effet, Jadot ferait-il bien de vérifier ses chiffres avant de les balancer. Je ne sais pas d’où il sort ses vingt minutes mais nous allons voir qu’il n’est pas si loin de la vérité et qu’en tout cas les quelques minutes de plus ou de moins pour un projet de quelque huit à neuf milliards sont, pour le moins, tout à fait dérisoires. 

Et puis, quand on n’est pas menteur on est égoïste comme c’est le cas de Pierre Hurmic, maire écolo de Bordeaux très opposé à ce projet car lui, n’est-ce pas,  il est à deux heures de Paris et moi, Présidente, à quelques dizaines de minutes de plus. Révoltant non ? 

Car, qu’en est-il en vérité ? Le GPSO (Grand projet du Sud-Ouest) interrogé par La Dépêche, quotidien régional peu suspect d’écologisme radical dit ceci : “ le gain de temps entre Bordeaux et Toulouse sera donc de 56 minutes pour un trajet avec des arrêts à Agen et Montauban”.  On est loin des 20 minutes affirmées par Yannick Jadot commente le quotidien avant de poursuivre, “faisons les comptes : 2h 04 entre Paris et Bordeaux + 1h05 entre Bordeau et Toulouse = 3h09 pour le meilleur temps de parcours (exit Agen et Montauban) au lieu de 4h10 entre la gare Matabiau et la gare Mont parnasse soit une heure de perdue (ou gagnée ?) entre Paris et Toulouse. Ce qui pour 8 ou 9 milliards fait tout de même un peu cher de la minute. 

Mais qui donc est tellement pressé, occupé, surmené par ces temps de vidéo-conférences et de smartphones au point de devoir gagner une heure à ce prix-là ? Au prix, en outre, de la mutilation de cette terre qui n’est pas seulement celle de Carole Delga mais qui est celle de toutes les personnes qui y vivent y compris celles et ceux qui n’ont pas voté pour la Présidente, c’est-à-dire, tout de même, et compte tenu des abstentions, près de la moitié de la population, ce qui ne met nullement en cause sa légitimité mais devrait l’inciter à plus de modération et d’humilité. 

En réalité nous savons bien quel est le grand projet de Carole Delga,  elle le proclame depuis des années : “L’objectif pour la région Occitanie est de faire partie du Top 10 des destinations touristiques européennes”. Charmante perspective : faire de l’adorable Collioure (où on ne peut déjà plus poser sa serviette l’été) un horrible Benidorm et des Pyrénées une montagne blanchie aux canons à neige consommateurs de cette eau qui manque par ailleurs ? 

Il fut répondu à si funeste perspective par des habitants d’Occitanie dans un texte pertinent qu’il vaut de relire (ici) et dont manifestement la Présidente n’a cure obsédée qu’elle est par le tourisme. Car elle n’a manifestement pas compris ou pire encore fait semblant de ne pas comprendre (où sont les menteurs alors ?) que l’ère du tourisme de masse est passée comme est passée celle de ces vols à l’autre bout du monde, de ces voitures énormes et de ces camions en tous sens transportant, à la Noël, des fraises d’Andalousie à Dublin, que le temps est passé du développement sauvage et de la consommation effrénée et mortifère, que le temps est venu d’une sobriété raisonnée si nous ne voulons pas sombrer plus ou moins lentement mais sûrement dans l’abîme au bord duquel nous sommes. 

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