Podemos: "La Remontada"

Il semblerait que Podemos, situé en quatrième position dans les derniers sondages autorisés (la publication des sondages est interdite depuis mardi), remonte en ce moment même jusqu’à la 2e place derrière le PP et devant le PSOE, Ciudadanos marquant le pas.

Ce vendredi après midi les partis politiques d’Espagne tiennent leurs derniers meetings, le PP (droite), le PSOE (socialistes) et Ciudadanos (quelque part à droite) à Madrid. Podemos a choisi d’être à Valence pour bien marquer, sans doute, que l’Espagne ce n’est pas seulement Madrid. Tout au long de la réunion qui réunit des milliers de personnes on parle valencien et castillan ce qui signifie que l’on peut être singuliers ensemble et cela dans un enthousiasme nourri par les derniers sondages officiels et clandestins.

Car le fait le plus remarquable de la semaine qui vient de s’écouler n’a pas été le débat « cara a cara » entre Mariano Rajoy (PP au pouvoir) et Pedro Sanchez (PSOE) qui s’apparenta plutôt à un combat de vieux coqs déplumés se lançant des coups de bec qui se voulaient assassins et qui n’étaient que ridicules, l’un  traitant l’autre d’indécent l’autre traitant l’un de vil et de misérable, ce qui fait qu’ils perdirent sans doute ce soir là nombre d’électeurs tant le spectacle qu’ils donnèrent était non seulement infantile mais répugnant.

Non, le fait le plus remarquable de la semaine est la « remontada » de Podemos, terme emprunté au commentaire footballistique (Podemos ne rate jamais une occasion de ratisser large)  qui désigne la remontée de l’équipe menée au score qui, dans les dernières minutes, parvient  par un effort hors du commun à arracher la victoire.

Et, en effet, il semblerait que Podemos, situé en quatrième position dans les derniers sondages autorisés (la publication des sondages est interdite depuis mardi), remonte en ce moment même jusqu’à la 2e place derrière le PP et devant le PSOE, Ciudadanos marquant le pas.

Si l’on en croit Carlos Enrique Bayo, journaliste réputé, directeur de Público,  qui en profite pour dénoncer une loi archaïque votée alors qu’internet n’existait pas,  les « trackings secrets » auxquels ont recours les partis en lice, le PP serait toujours en tête avec 7,2 millions de suffrages suivi de Podemos qui pourrait  en réunir 5,6 millions et le PSOE, 4,8 millions. En outre sur la vidéo tournée en caméra cachée un spécialiste de la lecture sur les lèvres confirme l’information donnée par Rajoy à la chancelière selon laquelle Podemos pourrait bien être en 2e position. Tête de Merkel.

Du coup la presse de droite évoque la possibilité d’un pacte à l’allemande PP-PSOE ce que Rajoy s’empresse de démentir, mais chacun sait en Espagne qu’il n’y a pas plus menteur que lui. Ceci dit, ce vendredi soir en faisant le tour des médias et en prêtant une oreille aux meetings, ce dont on peut être sûr c’est que dimanche la situation sera particulièrement complexe puisque aucun des quatre partis ne sera en mesure de gouverner. Il faudra donc « pacter » et il se pourrait bien alors que tout puisse arriver.

Autre inconnue : si Podemos comme c’est probable ne gouverne pas, quelle sera son attitude aux « Cortes », quelle sera l’attitude de ses élus ? Seront-ils assez forts pour tenir toute une législature, eux « los descamisados », sans un beau jour fermer le col de leur chemise pour y nouer une cravate ?          

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