Munimagouilles à Souillac (Lot)

Il était une fois un gros bourg niché au creux de la vallée sur la rive droite de la rivière Dordogne : Souillac. Après avoir été longtemps gouverné, depuis la Libération, par une gauche diverse à la tête de laquelle se trouvait un maire communiste, elle le fut plus tard et pendant trente ans par une droite qui semblait inamovible.

Mais voici qu’en 2008 un heureux concours de circonstances (la division de la droite essentiellement) permit à la gauche de « reprendre la Mairie ». Comme on peut le constater à la lecture de cette chronique publiée dans rue89, nous étions enthousiastes, je l’étais en tout cas.

Or voici que six ans après, aujourd’hui, le constat est amer. La ville a été gérée, certes, mais bien en-deçà de nos aspirations initiales et voici que cet été, comme pour accentuer encore l’amertume, Monsieur le Ma ire-adjoint chargé de l’économie et du tourisme (hôtelier de son état) et vice-président de la Communauté de Communes, présente par voie de presse locale,  sans crier gare, sa candidature aux prochaines municipales. Sans crier gare, c’est-à-dire sans un mot à ses ex-colistiers sinon peut-être à quelques comparses. 

L’indignation, alors, me dicta le texte suivant pour la compréhension duquel il convient de savoir que le camping dont il est question, municipal sous la droite, a été livré, à l’initiative de Monsieur le Maire-adjoint chargé etc., à la gestion d’une entreprise privée :

 

Un article dithyrambique (La Dépêche du 21 septembre) faisant la promotion du camping des Ondines mais aussi celle, au passage, de Monsieur le Maire adjoint chargé de l’économie et du tourisme. Un autre article promouvant le golf (« La Vie quercynoise » de la dernière semaine de septembre) : tout cela n’est rien d’autre que la description d’un échec écologique et social d’une part et, pour ce qui concerne Souillac, l’aveu d’un renoncement d’autre part.

 Renoncement aux engagements pris par nous tous, membres de la liste élue lors des dernières municipales, engagements exprimés par le triptyque qui nous était cher, pardon, qui était cher à certains d’entre nous : solidarité, démocratie, écologie.

Renoncement à tout comportement éthique à l’égard de colistiers et d’un maire qui faisait (trop) confiance à certains de ses adjoint(e)s et que l’on poignarde dans le dos par une candidature précipitée qui n’est rien d’autre, comme chacun le voit bien, qu’une démarche personnelle et carriériste.

Echec écologique, il suffit de regarder : la Plaine, celle des jardins chère au cœur de bien des souillagais(es) crucifiée, sacrifiée, défigurée par d’horribles « chalets » desservis par une route sur laquelle les quelques jardiniers restant auront le plaisir de voir défiler voitures, camping-cars, autocars et camions d’approvisionnement qui parfumeront leurs salades aux déjections de pots d’échappement. 

Echec social puisque les moins favorisés de nos visiteurs sont exclus de ce lieu prestigieux et financièrement inabordable pour eux comme ils sont exclus du superbe golf (communauté des communes) dont les pelouses sont si vertes… mais à quel prix écologique ? Qu’en est-il alors de la solidarité proclamée ? Mais qu’importe puisque « ça rapporte » ?

Serait-ce que la gestion d’une collectivité locale n’a d’autre but que de « faire du fric » comme n’importe quel commerce, n’importe quelle entreprise ? Certains semblent le penser et agissent en conséquence en menant, tant au plan communal qu’intercommunal, une politique « tout tourisme » échevelée et à courte vue alors que la Dordogne crève lentement, que les superbes petites routes bordées de noyers s’élargissent (aux frais du contribuable bien sûr) pour permettre la circulation de camions ce qui à terme aura pour effet de léguer aux générations futures une région défigurée et fort peu touristique.

Mais qu’importe le futur puisque en attendant « ça rapporte » comme l’explique si bien Monsieur le maire adjoint etc. jusque dans le dernier magazine municipal, ça rapporte… aux commerçants ! Mais quels commerçants ? Les quelques « petits » qui résistent encore dans ce centre-ville désertifié en recueillant des miettes ? Evidemment non. «Ça rapporte aux « grands », Leclerc, Intermarché et consort.

Merci pour eux.     

 

Désormais je tiendrai ici la chronique de la « bataille » qui va se livrer « chez nous entre Quercy et Périgord » comme dirait mon ami Jacques Laporte, cheminot, ferronnier d’art, écrivain et poète, entre une droite requinquée et on ne sait trop quoi pour l’instant sinon que Monsieur le Maire-adjoint chargé, etc. vient d’être adoubé par la section locale du PS. Il faut dire qu’il était le seul candidat à la candidature…

Passionnant, non ?

A suivre…

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