Souillac : G. Liébus, l’homme qui « ne fait pas de politique »

C’est de la politique ! C’est de la politique ! Ainsi m’apostropha au cours d’une réunion publique le président de CAUVALDOR (intercommunalité) : il vient de faire acte de candidature à la mairie de Souillac. Sans faire de politique cela va de soi.

G. Liébus G. Liébus

 

 

Lui qui, venu de la Gauche, ne lâcha pas d’une semelle E. Macron lors du « grand débat » de Souillac, vient d’être désigné référent de LREM pour le Lot ce qui n’a évidemment rien à voir avec la politique.

Lui dont même les canetons qui se prélassent dans le courant de la Dordogne savaient depuis longtemps que son véritable projet n’était pas sa « Cité de la mode et des arts créatifs » (condamné dès avant le premier coup de pioche par son absurdité) mais que son véritable projet était de « prendre la mairie de Souillac ».

Lui, donc, Gilles Liébus vient de faire acte de candidature pour les prochaines municipales. En attendant mieux. Car même les canetons n’ignorent pas que son véritablement véritable projet consiste à « prendre » le siège de sénateur du Lot dès qu’il se libérera. Je prends date.

Mais alors le projet pharaonique et par là-même aberrant apparaît pour ce qu’il est : de la poudre aux yeux jetée à la face d’une population qui souffre depuis longtemps déjà de la désertification de sa ville. Une poudre aux yeux multicolore sous-titrée : « voyez comme je suis dynamique ! »

Et l’on comprend bien que des femmes et des hommes de bonne volonté soient fascinés par le mirage que l’on fait miroiter à leurs yeux à coup d’une luxueuse propagande (appelons les choses par leur nom) en quadrichromie (qui finance?) mais on le sait, les mirages se dissolvent plus vite qu’ils n’apparaissent…

Non qu’il me vienne à l’esprit de soupçonner G. Liébus de désinvolture à l’égard de notre ville et de ses habitants. Je suis persuadé que, comme tout un chacun, il souhaite que ne perdure pas la désastreuse situation actuelle.

Mais alors comment comprendre qu’il puisse venir à l’esprit d’un homme intelligent que des milliers de voitures pourront vrombir quotidiennement sur les jolies petites routes du Lot et seront accueillies dans un parking de 1500 places (ce qui curieusement n’apparaît pas dans le dossier presse), que des dizaines de boutiques vendant du luxe (par les temps qui courent n’est-ce pas?) et des babioles seront ouvertes sept jours sur sept tout au long de l’année et que des centaines d’emplois pérennes seront ainsi créés - au détriment de riverains qui d’une manière ou d’une autre devraient quitter leur lieu de vie, d’une vie de quiétude choisie loin des agitations marchandisées de la mode et du luxe ?

Comment, en ces temps de nécessaire lutte contre le réchauffement climatique et pour la préservation de la biodiversité (préconisations gouvernementales) et alors que tous les projets de cette sorte s’effondrent les uns après les autres, comment une telle aberration a-t-elle pu germer dans quelques esprits « entreprenants» ?

Les notables locaux sont-ils à ce point obnubilés par « l’économie de l’offre » qui mène le monde à sa perte, par les pseudo-théories des « premiers de cordée » et du « ruissellement » qu’ils en perdent le sens des réalités ? A cet égard on peut lire (ici) la très éclairante analyse d’Alain Garrigou à propos du « contournement de Beynac » qui en réalité cachait un projet purement commercial dans l’un des plus beaux « coins de France ». Projet qui vient d’être à son tour condamné par le Tribunal administratif de Bordeaux au grand désarroi de cet autre notable de la région Germinal Peiro.

                                                                                                                         

Beynac Beynac

Comment alors penser ces aberrations sinon en termes de carriérisme et de goût malsain du pouvoir ? De sorte qu’il est temps que les femmes et les hommes de Souillac encore fascinés par le mirage ouvrent les yeux et réalisent que ce projet qui va à l’encontre du progrès, c’est-à-dire du souci universellement partagé de préservation de la planète et de l’avenir de nos enfants et petits-enfants, que ce projet s’il se réalisait les mènerait à la catastrophe.

Pour terminer je m’adresserai volontiers aux médias locaux, particulièrement à « la Dépêche » et à « la Vie Quercynoise » pour leur demander de faire preuve de plus de déontologie journalistique et de sens du débat démocratique en donnant la parole aux opposants à ce projet comme ils la donnent à Gilles Liébus et à ses amis. Merci.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.