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Billet de blog 28 oct. 2021

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Souillac : que le massacre soit !

Il s’agissait d’un lieu orné de magnifiques et souvent centenaires arbres au pied desquels serpente une délicieuse rivière aux eaux vives parfois tumultueuses aux “hautes eaux”, parfois paresseuses aux basses eaux : le massacre vient de commencer...

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Il s’agissait d’un lieu orné de magnifiques et souvent centenaires arbres au pied desquels serpente une délicieuse rivière aux eaux vives parfois tumultueuses aux “hautes eaux”, parfois paresseuses aux basses eaux. 

Le massacre vient de commencer. En dépit des recommandations du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) indiquant clairement qu’il est impératif de réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre pour éviter la catastrophe climatique qui guette, le Maire de Souillac sans doute frustré de n’avoir pu réaliser sa “Cité de la mode et du luxe”, entreprend un nouveau chantier parfaitement inutile. Les photos parlent d’elles-mêmes. 

Illustration 3

Quel est, en effet, l’objectif de cette entreprise ? Si l’on en croit le compte rendu du Conseil municipal du 10 décembre 2020, il s’agit de relier le quartier des Aubugues (où devait être implantée la “Cité de la mode”) à l’Avenue de Sarlat via le centre ancien en longeant le cours de la Borrèze par l’aménagement d’un parcours pédestre de détente et découverte. Pour cela il conviendra de les “requalifier” (adorable néologisme) le parking Chanterrane et le Parc Delmas. 

Autrement dit on invite les éventuels promeneurs à venir en voiture sur ce lieu de déambulation et de loisir respirer le bon air sur les rives de la Borrèze ! N’est-ce pas intelligent ?  Et pour ce faire on va restaurer écologiquement (voir photos) et Hydromorphologiquement (sic) la Borrèze afin de permettre un accès au public à la rivière et de valoriser(sic) ses berges par la mise en place d’un parcours piétonnier. Et valoriser (encore !) les milieux aquatiques et le patrimoine hydrologique local par la création d’un sentier d’interprétation (c’est très à la mode, on écrit le nom des plantes sur de panneaux). Sans parler d’un lieu de vie autour de l’intergénérationnalité et d’une requalification paysagère... etc. 

Illustration 4

 Ce qui n’est rien d’autre que se payer de mots à l’intention d’une population que l’on tente d’éblouir par des procédés langagiers qui, de fait, sont porteurs d’un profond mépris. Car on se promène très agréablement au long de la Borrèze dont on peut débarrasser les rives et le lit de quelques ronces et herbages comme cela s’est toujours fait sans nul besoin de ce bouleversement écologiquement néfaste qui n’a en réalité d’autre objet que de satisfaire la mégalomanie d’un homme avide de prestige mais passablement frustré. Et tout cela pour la somme de 808 591 euros ! 

Dans une commune où 20% de la population vivote au-dessous du seuil de pauvreté, où le taux de chômage tourne autour de 20%, vraiment n’y a-t-il pas mieux à faire avec les deniers publics ? 

Illustration 5

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