Souillac : la raison triomphe de l'absurde !

Le pharaonique et absurde projet d'implantation d'une « Cité de la mode et du luxe » sur des terres agricoles dans une zone encore protégée de la folie consumériste vient d'être abandonné.

Le Viaduc Le Viaduc

C'est ce que vient d'annoncer Raphaël Daubet, nouveau président de la Communauté de communes (CAUVALDOR) et maire de Martel lors du Conseil communautaire réuni à Souillac le 25 janvier 2021. Nous en avons assez de « nous faire rouler dans la farine », a-t-il martelé, après avoir tenté en vain de prendre contact avec les supposés investisseurs mystérieusement disparus... dans la nature.

Il faut dire qu'il y a de quoi être excédé quand on constate que près de trois millions d'euros d'argent public ont été dilapidés avec désinvolture par l'administration précédente sous la houlette de Gilles Liébus, ancien président et actuel maire se Souillac qui n'a, pour autant, pas manqué de manifester sa mauvaise humeur au cours de la réunion.

Inversement les opposants de toujours à ce projet ne cachent pas leur satisfaction et sont en droit de considérer cette décision comme la victoire de la raison sur l'absurde : leur victoire  après des années d'engagement au sein de l'Association de défense Viaduc, Timbergues, Aubugues alors même que les élus de l'opposition municipale se tenaient à l'écart de cette lutte, allez savoir pourquoi, mais n'hésitent pas maintenant à se féliciter de cette heureuse conclusion alors qu'il n'y sont pour rien. Que ne ferait-on pas en termes de « politicaillerie manœuvrière » pour tenter de se hisser..., devinez où ?

Raphaël Daubet de son côté travaille à un nouveau projet dont pour l'instant nous ne savons rien sinon qu'il tournerait autour de « l'agritehcnolgie ». Pour leur part, les militants de l'Association Viaduc entendent bien rester vigilants de manière à s'opposer à tout projet impliquant le bétonnage de quelque terre agricole que ce soit, bétonnage toujours réalisé au nom de ce que Bruno Latour appelle dans son dernier livre « Où suis-je ? » l'idéologie de l'Économie, avec une majuscule précise-t-il, idéologie qui, virus oblige, a en quelques mois cessé d'être « l'horizon indépassable de notre temps » (p. 78).

Livre, celui-ci, dont je ne saurais trop recommander la lecture à ceux que l'auteur appelles les « chargés de pouvoir » qui manifestement n'ont pas encore pris la mesure de la « métamorphose » qui est en train de se produire et qui implique sans doute d'autres approches que purement « comptables ».

Ils entendent bien, ces femmes et ces hommes opposés à tout bétonnage participer à l'élaboration de nouveaux projets et proposer eux-mêmes des idées et donc des modes de vie respectueux, autant que faire se peut, de la Terre et de l'environnement dans lequel nous sommes inclus en compagnie de ce virus et de milliers d'autres.

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