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Billet de blog 23 août 2015

Retrait massif des Etats africains du F Cfa : Idriss Deby désormais Chef de file

Nguebla Makaila
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De plus en plus des voix s’élèvent en Afrique pour réclamer le retrait  des pays ayant en commun l’usage du F cfa, pour aller vers  la souveraineté  monétaire du continent.

 Le 11 août dernier, lors de la célébration du 55ème anniversaire de l’indépendance du Tchad, Idriss Deby a porté le brassard de Chef de file  du front de contestation africaine pour organiser et mener à bon port,  le retrait collectif et  massif de nombreux pays.

Rencontré à Paris, un expert financier africain, nous a révélé que la menace est désormais réelle dans les rangs de certains dirigeants partisans du retrait de leurs pays de la zone cfa, jugée comme une monnaire de domination  néo-colonialiste.

Selon notre interlocuteur, le Chef de l’Etat tchadien, est désormais considéré comme le Chef de file qui incite au départ des Etats africains favorables à la création d’une monnaie africaine qui refléterait l’indépendance financière.

Après une brillante sortie à l’occasion de la fête de l’indépendance du Tchad, Idriss Deby a attiré l’attention de l’opinion africaine et menacé Paris de l’éventualité du retrait de la zone  cfa des pays africains. «Dans la coopération monétaire avec la France, il y a des clauses à revoir dans l’intérêt de la France et de l’Afrique. Des clauses qui tuent les économies africaines » déclarait Idriss Deby à la presse nationale et étrangère présente à Abéché où était décentralisée la cérémonie.

Notre source révèle qu’Idriss  Deby a envoyé à Malabo, plusieurs responsables du Ministère des finances du Tchad, pour rencontrer le Président Obiang Nguéma, en vue d’approfondir la faisabilité de la question et  évaluer  les voies et moyens pour concrétiser cette dynamique.

Issus des pays pétroliers d’Afrique centrale, le Tchadien Idriss Deby et son homologue Equato-guinéen, Obiang Nguéma, sont  parmi les dirigeants africains qui n’ont cessé de manifester leur volonté d’abandonner le Fcfa pour créer leur propre monnaie nationale.

A Paris, les déclarations du Président tchadien, ont raisonné comme de la provocation et une propagande incitative à révolutionner les rapports entre la France et l’Afrique. Pour Idriss Deby ces relations franco-africaines étranglent les économies nationales : « Elles ne permettront jamais à l’Afrique de se développer. Il faut avoir le courage de dire qu’il y a un cordon qui empêche l’Afrique de se développer et qu’il faut couper », a-t-il ajouté très en colère contre les partenaires français.

Si d’un côté, la volonté de quitter la zone Fcfa, est vivement souhaitée par de nombreux africains, certains observateurs estiment que le fait que l’initiative vienne du Président Idriss Deby, cela ressemblerait à un chantage vis-à-vis de ses amis français avec lesquels, les rapports ont pris une entorse ces derniers mois.

Makaila NGUEBLA

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