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Billet de blog 26 novembre 2025

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Soutien financier : l’Union européenne renforce les dictatures au Tchad et en RDC

Décidément, l’Union Européenne milite au détriment de la démocratie et contre ses propres valeurs au regard des soutiens financiers qu’elles accordent à des régimes totalitaires pour renforcer leur dispositif sécuritaire et militaire souvent répressif à l’encontre de leurs populations lors des manifestations citoyennes pacifiques.

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Ce lundi 25 novembre, le Conseil de l’Union européenne a concédé une aide militaire estimée à 59,5 millions d’euros, soit 68,5 millions de dollars, pour équiper les armées de la République démocratique du  Congo (RDC), le Tchad et la Jordanie. Cette aide s’inscrit disent-ils dans le cadre de la Facilité européenne pour la Paix (EPF) dans le but de renforcer leurs capacité de défense et de sécurité régionale.

Pourtant, au Tchad tout comme en République démocratique du Congo, les deux régimes ne sont pas  des modèles démocratiques parce que dans  ces deux pays, les opposants, les responsables de la société civile, les mouvements citoyens et les citoyens sont réduits au silence par des armées répressives qui ne tolèrent aucune opinion contraire à celle des dirigeants au pouvoir.

Au Tchad, les manifestations sont interdites par des mesures liberticides, des opposants tuées et arrêtés, les journalistes et membres de la société civile exilés pour leurs opinions émises contre les dérives du pouvoir. Autant d’exemples peuvent être cités pour illustrer nos propos.

Le paradoxe d’une telle aide surprend plusieurs observateurs éclairés dans l’approche des relations entre l’Union européenne et les  Etats africains.

Il y a dix (10) ans, la même Union européenne, avait mobilisé d’importants financiers pour la lutte contre les mouvements djihadistes au Sahel. Son aide a été jugée infructueuse par les Etats concernés ce qui a abouti aux coups d’Etats successifs qui ont emmené aux pouvoir des régimes militaires avec lesquels, elle n’est plus en bons termes aujourd’hui. Car, pour l’Union européenne, le régime militaire du Mali, du Burkina-Faso et du Niger, sont perçus comme des mauvais modèles qui ne méritent pas un appui financier dans leurs luttes contre le terrorisme.

 Cette posture sélective de l’Union européenne décrédibilise toute sa démarche sur le continent aux yeux de la société civile et des forces progressistes qui appellent à une rupture dans les rapports entre l’Afrique et cette institution européenne.

Ce manque de cohérence dans les actes que pose l’Union européenne, traduit sa complaisance à l’égard des pouvoirs qui ensanglantent leurs pays, endeuillent des familles, maltraitent et oppriment leurs concitoyens dans un contexte de répression généralisée et des violations massives des droits et libertés fondamentales.

C’est pourquoi, les opinions publiques africaines en général sont révoltées contre l’Union européenne au regard des rapports incestueux qu’elle entretienne avec les potentats qui règnent sur leurs peuples par la terreur.

Ni l’Union européenne encore moins les alliés de ces régimes autoritaires n’empêcheront le processus irréversible et l’aspiration populaire pour le changement démocratique dans ces pays bénéficiaires d’aides militaires. Car, les militaires eux-mêmes ne sont pas heureux des traitements qui leur sont réservés par les pouvoirs qu’ils servent à contre cœur.

Nul ne peut transgresser la volonté populaire, l’Union européenne ne pourra donc maintenir ad vitam æternam des régimes impopulaires ni au Tchad ni en RDC.

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.