La presse sénégalaise bête noire des autorités tchadiennes

En Afrique noire, la presse sénégalaise, a un niveau élevé qui fait d’elle l’une des plus émancipée du continent. Elle est d’autant plus décomplexée et n’a rien à envier à celle des pays dits des démocraties avancées  notamment  occidentales.

En Afrique noire, la presse sénégalaise, a un niveau élevé qui fait d’elle l’une des plus émancipée du continent. Elle est d’autant plus décomplexée et n’a rien à envier à celle des pays dits des démocraties avancées  notamment  occidentales.

Hassan Sylla Bakari, ministre de la communication du Tchad lors d'un point de presse à Dakar: photo (DR) 

Récemment à Dakar lors de l’ouverture du procès Habré, l’opinion publique africaine et internationale a découvert la qualité de la presse sénégalaise.

 Au moment où les médias étrangers peinent d’égratigner la responsabilité d’Idriss Deby dans les atrocités reprochées à son mentor déchu, la presse sénégalaise est la seule  a assumé et assuré sans complaisance un rôle responsable dans le traitement de cette affaire juridico-politique à ramification internationale multiple.

Les débats radiotélévisés relayés par les médias locaux montrent avec  suffisance que le sujet est traité sans tabou alors que les autres canaux médiatiques internationaux escamotent allégrement la question liée au rôle occupé par Idriss Deby dans le dispositif  sécuritaire et la hiérarchie militaire du régime Habré dont il fût Chef d’Etat-major, conseiller spécial à la sécurité et membre influent de l’Union nationale pour l’indépendance et la Révolution (UNIR), parti unique au Tchad.

Idriss Deby et les siens ont guerroyé pour Hissein Habré jusqu’à le porter au pouvoir. Il est totalement responsable dans la répression violente à l’encontre des Codos, cette rébellion sudiste à l’époque au Tchad. Des femmes et des enfants ont été calcinés dans des villages sous l’ordre du Chef  d’Etat-major qui n’est autre que l’actuel dirigeant tchadien.

La presse sénégalaise, revenons-en !

Réputées bavardes devant les Toubabs en général, les autorités tchadiennes sont souvent intimidées lorsqu’elles sont devant des intellectuels et  journalistes sénégalais. Elles perdent leurs sangs froids et bégayent comme on a vu récemment à Dakar  lors d’un point de presse animé par deux ministres tchadiens encadrés par un responsable d’une structure locale des droits de l’homme. Ils ont tenté de « laver  à  grande eau », Idriss Deby dans l’affaire Habré pour paraphraser  le confrère sénégalais  dans l’emploi de son terme repris par la presse africaine en général.

Face à la timidité observée par les médias tchadiens apeurés par la tyrannie du régime actuel, la presse étrangère en particulier sénégalaise comble le déficit inhérent au traitement d’information dans l’affaire Habré.

La lutte contre l’impunité au Tchad et en Afrique doit  aussi se faire avec une presse  africaine totalement libre, à défaut l’impunité dont on parle,  demeurera ce cancer auquel l’Afrique pérennisera  à se débarrasser.

Makaila Nguebla

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