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Billet de blog 21 septembre 2022

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Une journée... particulière?

Paris était monstrueusement belle aujourd'hui. Comme elle ne sait plus l'être qu'à l'amorce de l'automne... Les printemps n'y sont plus ce qu'ils étaient, figurant trop souvent comme des concours de caniches unisexe urbains toilettés pour paraître, et non être. Ce n'est-qu'un poncif, con-ti-nuons ce- bil-let, Papi !

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Une journée particulière... parce que la première du reste de ma vie d'avant l'arrière-grand-paternité? Possible, qui sait?

Pas de carte postale. Juste l'envie pressante de baguenauder dans le quartier où s'est fondée ma petite cellule familiale. Elargie ô combien à présent, pour l'immigré breton débarqué en blouzenn et botoù koad, armé de son bilig et sachant à peine parler le céfran... Nan, je romance éhontément. En fait, je savais dire "patron, un gwin ru" et "je t'aime". Avec ça on est blindé, pour arpenter le Montparno des années pas demeurées folles très longtemps.

Lequel n'avait depuis longtemps plus rien à voir avec Tsuguharu Fujita, Tsougouharou Foujita pour les intimes franchouillards,  ou Henry Miller ce salopard céleste. Mais alors aujourd'hui, pardon... la cata ! Passons. Ce qu'à l'époque j'ai fait sans délai, pour m'amarrer dans le triangle Stalingrad-Jaurès-Louis Blanc.

Au fil du temps, la gentrification a produit son oeuvre vitrifiante sans l'épargner. Et pourtant... souvenirs, souvenirs, je vous retrouve dans mon cœu-œur... En vrac, galères et périodes rose-layette genrée mêlées.

Face au CentQuatre (de la rue d'Aubervilliers... l'entrée à la teuf de Mediapart se situant de l'autre côté au 5 rue Curial, va comprendre Charles !) , ce triomphe de coopération culturelle delanoesque, se trouve le 105. Etonnant, non?
Et au 105 se situe le siège social et les entrepôts de Tafanel, qui offrent généreusement l'un des plus longs spots de street art de Paname. Un rien trop institutionnel pour l'activiste blanchi sous le harnois de la transgression, mais faut vivre avec son époque, que diable !

Illustration 1
Illustration 2
Illustration 3

Aah Tafanel !! Enorme et intemporel distributeur de boissons (mais non, pas ceux du métro, andouille!), avec qui assos et municipalités concernées ont dû négocier serré, au carrefour des 18 et 19ème arrondissements et des 20 et 21ème siècles, pour que les Jardins d'Eole finissent par voir le jour.

Alors oui c'est vrai, pour le commun des andouilles mortels ces Jardins-là étaient jusqu'à récemment un repaire de la dépravation qui empêche de dormir... on en a fait un plat suffisamment roboratif pour alimenter les peurs aux six coins de l'hexagone.

Casse la tienne ! Au ministère de l'intérieur cosy, on sait gérer les crises par un sens giratoire consommé. Aujourd'hui, la consommation qui zombifie a été refoulée en périphérie. La fameuse "colline au crack" de la porte de la Chapelle ayant été démantelée pour des raisons profondément humanitaires, le Pont-de-Flandre fera bien l'affaire l'espace d'une petite moitié de notre décennie prodigieuse, n'est-ce pas? Cachons cette misère que les Jeux Olympiques ne sauraient voir...

Et les Jardins d'Eole, tout au bout de mon ex-monde de la rue du Maroc, présentent à nouveau riante figure diurne, dont quelques spécimens photogéniques d'une mini-ferme d'animaux vivant une seconde chance. 
Ce n'est pas ironique. Je le chéris, mon nord-est parisien un peu glauque, hirsute, piailleur et batailleur au réveil, quand il faut s'imposer pour échapper à la frénésie meurtrière des cyclistes.

Hélas, cent quatre fois hélas, la police du petit Gérald D sait gâcher l'ambiance l'après-midi. Et coller au plus près au programme de son boss. Dès le lendemain d'une anônnante déclaration d'intentions de plus, scène banalement triste sur le boulevard de la Villette. Shootée de loin, pas question de me faire confisquer mon portable dernière génération (circulez monsieur). Ni de zoomer furieusement sur des visages aussi dignes et marmoréens que ceux des expulsés du superbe logement à trois arches ci-dessous... Avant de l'être probablement du territoire français.

Illustration 4

Edit : désolé aussi pour la mise en page, trop chronophage pour être au net...  

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