Mediapart, attention à la désaffection!

La concomitance de quelques désabonnements récents et à venir m’amène à pousser ce ululement de désespoir désespéré humainement presque humain, si l’on y prête bien l’oreille. Attention, ce billet cite des noms... je le sais, parce que je l’ai lu.

Car pour une Mithra n’blues qui reviendra, et ce sera sanglant (profitons-en pour lui faire plein de bises si elle lit le Club en cachette), combien de marins, avec ce curieux besoin de faire des phrases qui les caractérise, combien de capitaines trop taiseux ne reviendront plus jamais, sanglots, de leurs courses lointaines chez la concurrence?

A cela bien des raisons. Honnêtement, le reproche d’une perte de qualité rédactionnelle ne me semble pas pertinent. Par contre, ce qui me perturbe gravement (si si, je peux être plus gravement perturbé), c’est que Mediapart juge utile une nouvelle charte. Je ne parle évidemment pas des améliorations souhaitables et expressément sollicitées, concernant un meilleur confort de lecture et d’écriture, mais des rapports entre nous contributters*

... et là, comment nier qu’ils se sont dégradés ? Pourtant existe un remède simple et efficace, préconisé par votre Bisounours Grincheux préféré (je le sais, parce que vous me l’avez dit). C’est-à-dire, inviter à l’échange privé la personne avec qui l’on s’accroche un peu trop vivement "en public". Je dis bien LA personne, pas LES personnes, si l’on se retrouve à une demi-douzaine sur une messagerie personnelle le foutoir recommence !

Si incroyable que cela puisse paraître, Xipe Totec est humain, par exemple. Pourquoi lui? Hé bien déjà, parce que son nom divin fait penser le contraire. Ensuite, parce qu’il est le dernier à qui j’ai courtoisement destiné quelques noms d’oiseaux... comme un crétin, puisque sa nature avatardabresque est aviaire. Trêve de balivernes, il ne m’en voudra pas de le citer : «Les positions politiques prennent une nature fortement identitaire»...

J’aime pas trop qu’on me frappe, mais là ça m’a frappé. En tant que cause objective d’un repli individuel que nous ne souhaitons pas, mais ne combattons pas assez.

Le mieux est encore de se rencontrer en vrai. Ce qui peut impliquer autant de disponibilité et de mobilité géographique, et d’aisance financière que celles du chômeur à qui il est proposé un emploi d’homme d’entretien à 300 bornes de son domicile. Mais c’est ainsi que les bails se font, comme disent les djeunz comme Emma Redthroatbird, baLoz ou Denys Lab capables de vous fracasser en toute amitié.

Jean-Max Sabatier moins djeun et trop tôt disparu (pas de larmes, c’est une image voyons!) allait encore plus loin : il était capable de consacrer un billet à Lancêtre le plus djeun d’entre nous, et un demi à votre serviteur cacochyme. C’est ce qui manque un peu en nos contrées parfois arides, cette personnalisation de l’interlocutter* ... alors que nous savons fort bien personnaliser notre produit individuel brut, bande de barbares!

Bon, sur ce, je vais chercher ma petite-fille aînée à l’Ecole des Nains, elle va encore me perturber beaucoup plus gravement.  

* Ces formulations sont étranges. Normal, c’est ma contribution à une expression écrite inclusive phonétique anglicisée qualificativement interchangeable. Ça veut rien dire mais on s’en fout, hein Çavapas ?

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