Le retard français (librement inspiré de la h.une)

Vous nous oppressez ! Vous consternantes consciences morales jusqu’ici même, sur Mediapart. Qui plus est, en tant qu'affirmation d’un civisme dont on découvre au quotidien toutes les pitoyables concessions. Lâchez-nous les baskets rouges, pénibles courroies de la grisaille de tous les pouvoirs !

Nul besoin d’un Bedos fils ou père pour affirmer si naturel mode de pensée, et de fonctionnement sans suspicion ni a priori, ni entraves à notre simple et vitale oxygénation. Curieusement, les obstacles à ce droit fondamental se recrutent toujours dans les mêmes sphères de peine-à-jouir, toutes obédiences confondues.   

A contrario (le leur), sommes-nous "anti-masque" ? Pas le moins du monde. Nous avons simplement fait le choix très citoyen de ne pas en porter. Parce qu’avoir un bout de tissu ou de papier chirurgical (débouché starteupiste comme un autre) sur les voies respiratoires provoque chez certains sujets de véritables explosions sadonaso qui n’épargnent personne dans un rayon de 5 à 7,5 mètres. Non c’est pas ça... pouf pouf je recommence, aurait dit Desproges. Il n’y a pas la moindre raison pour que nous, irresponsables sans foi ni loi,  tournions sur 360 degrés tout en expectorant, que diable ! Même blindés nous ne sommes pas des tourelles de tank.

Donc je transforme le rayon en diamètre, multiplie par  pi et divise par 2 : j’obtiens ainsi la surface où se tiennent nos cibles aléatoires. Et là, attention ! Penser que se trouver dans notre champ de vision latérale diminue le risque serait une grave inconséquence. Je suis étonné qu’aucun praticien ne souligne cette réalité-là. En particulier celui dont j’ai récemment refait le papier mural de la salle d’attente pendant un quart d’heure non rétribué, et ce malgré la protection frontale préconisée. Pas eu la présence d'esprit de m'enquérir de ses canaux d'information, l'essentiel est que tout va bien pour moi et mon entourage.

Familial et amical, ça faisait du dégât potentiel! Trois tests en tant que cas-contact sur deux mois... tous négatifs, j'en aurais égoïstement juré. Depuis le berceau, en fait. Loin de moi l'idée de prôner le concept "survival of the fittest", mais la mort est objectivable, quantifiable, et ne se mesure pas à l'aune d'une hygiène de vie tout d'un coup portée en sautoir ou en baudrier.

La connaissance du virus progresse en toute logique, parce que certains scientifiques bossent plutôt que d'être en représentation. Les connaissances style Diafoirus régressent, et discréditent un medium participatif qui n'a pas de vocation à censurer, quoi qu'en disent de pourtant chevronnés du cloude du cloube. Qu'ils se retranchent dans leurs abris sulfurisés jusqu'à la notification officielle que tout danger est passé, on fera sans eux et sans quant-à-soi... 

Il m’arrive de radoter, mais glavioter ça jamais !! Si je ne masque pas mon avenant faciès, tout du moins... ne pas oublier le postulat. Pour l’anecdote, je n’en mets pas non plus dans les soirées donjon de Maîtresse Bérengère, sinon je les termine agenouillé et bavant...  mais ceci fera l’objet d’un autre billet. Sans photos ni videos.

J’admire ceux qui se sont fait une religion sur ce thème (meuh non ! pas celui de la prochaine dungeon party de Dame Hermione)... Enfin, "admiration" est un terme un peu fort en l’espèce (toi-même !). Disons que j’envie cette aptitude au confort mental. Parce que lorsque je vois à l’image de mon TiViseur allumé par erreur ou ma compagne ou les deux, un aéropage d’officiels dissertant sur le geste inqualifiable d’un jeune Pakistanais endoctriné comme tant d’autres avant d’avoir eu connaissance de la possibilité d’une île de libre-arbitre, je gerbe sur leurs trombines masquées. Eux, je n’aimerais pas connaître la composition de leur glaviotage intimement confiné !    

En notre nord-est parisien où s’imposait hier une agilité et une ouïe hors du commun pour le survival du fittest, l’espace de six heures d’alerte à la connerie maximale, nous avons réellement balisé. Et si cette dramatisation à outrance , encore orchestrée à l’heure qu’il est, nous exaspère, sommes-nous anti-Charlie ? Qu’à Allah ne plaise ! Intérioriser l’affliction pour annihiler la haine... sacré travail sur soi, que beaucoup d’entre nous ont fait en 5 ans.

Jusque là ça va, comme dirait l’autre.  Malheureusement, il ne manque pas de souffleurs sur les braises en nos très inflammables contrées. A titre d’exemple impersonnel, la combustion spontanée de mon voisin du dessous est souvent impressionnante.  Dernière considération de la semaine : ces clichés de nos dirigeants sans identité actionnant buccalement un soufflet même pas customisé me dérangent. Ils étaient déjà ridicules au naturel, mais là c'est le pompon! Une sorte de caricature, en fait...  

Je n'ai pas dit blasphème, hein! Ensemble défendons nos libertés. Pour La Liberté, c’est reporté sine die. Une fois de plus.

Ajout du matin, chagrin : je mange mon chapô, qui peut être mal interprété. Il ne vise pas les journalistes (a fortiori pas ceux de Mediapart) mais une atmosphère d'autant plus délétère que nous sommes vivement incités à nous cacher.

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