Leuven English !

C'est aux cris de "Leuven Vlaams" (Louvain flamand) que les étudiants néerlandophones de l'université catholique de Louvain manifestaient en 1968, voici très exactement quarante ans, pour mettre fin à la présence d'une université francophone dans leur ville. Il faut dire que cette dernière était devenue le symbole exécré d'une domination culturelle que la bourgeoisie francophone imposait à la Flandre depuis des décennies.

 

Aujourd'hui, le peuple flamand s'est émancipé. Il peut maintenant se faire exploiter par sa propre bourgeoisie, flamande, riche et puissante. Dès lors la symbolique linguistique et culturelle de l'université devient soudain beaucoup moins importante. Ce qui compte désormais, ce n'est plus d'avoir une université « nationale » flamande, mais de ne pas rater la conquête du marché émergeant de l'Education Business.

 

C'est pourquoi le Conseil flamand pour la politique scientifique (VRWB) et le Conseil flamand pour l'enseignement (Vlor) viennent de plaider « pour une ouverture plus large aux langues autres que le néerlandais - l'anglais en particulier - dans l'enseignement supérieur flamand, afin d'améliorer son attrait international ». Actuellement, un bachelier de l'enseignement supérieur flamand ne peut suivre que 10 pc de son programme dans une autre langue que le néerlandais. Le Vlor demande à porter ce taux à un sixième, ce qui permettrait de proposer un semestre complet dans une autre langue. Quant aux masters, pour lesquels les formations en langue étrangère sont acceptées de « manière limitée », le Vlor préconise d'autoriser des cursus complets en une langue autre que celle de Vondel, pour autant que cela représente une plus-value pour l'étudiant.

 

Moralité : même chez la nationalistes, les impératifs du profit et de la compétition, sont plus puissants que ceux de la culture nationale...

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.