Des armes chimiques qui tombent à pic

Obama avait dit : "la ligne rouge à ne pas franchir c'est l'usage d'armes chimiques". Et paf, alors que la rébellion s'enlise, au moment précis où les inspecteurs de l'ONU sont à Damas et s'apprêtent à blanchir les troupes gouvernementales, Assad décide stupidement de bombarder des femmes et des enfants aux gaz neurotoxiques, à quelques kilomètres de Damas,...

Ils ont bien de la chance, les rebelles syriens, d'avoir un ennemi aussi idiot.

Ou est-ce nous qu'on prend pour des idiots ?

On sait aujourd'hui que le coup d'Etat militaire qui, le 18 août 1953, avait renversé le premier ministre iranien Mossadegh — ce vieux "fou sénile" dixit la presse occidentales de l'époque — "a été mené sous la direction de la CIA dans un acte de politique étrangère" (extrait d'un document US qui vient d'être déclassifié).

On sait aujourd'hui que les Américains ont inventé de toutes pièces l'attaque d'un destroyer US le 2 août 1964, événement qui servit de prétexte au déclenchement de la guerre du Vietnam.

On sait aujourd'hui que les grèves et l'instabilité qui ont officiellement justifié le coup d'état militaire de Pinochet au Chili (perpétré avec le soutien des Etats Unis il y a tout juste 40 ans, le 11 septembre 1973) avaient été orchestrés par la CIA (cfr les aveux de son agent secret Willam Colby et les documents US déclassifiés)

On sait aujourd'hui que le 5 février 2003 Colin Powell présentait devant l'ONU de faux documents montés de toutes pièces par la CIA, sensés démontrer la détention d'armes de destruction massive par Saddam Hussein. Ce fut le signal de départ de la seconde guerre du Golfe.

Et maintenant on voudrait nous faire avaler la fable des gaz neurotoxiques syriens ? Sur base de "preuves irréfutables" que l'on prétend détenir mais que l'on se garde bien de présenter à quiconque...

Désolé, je ne marche plus.

Et ce qui m'inquiète le plus là dedans c'est l'effarante absence de sens critique dans le chef de la plupart des journalistes.

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