Zemmour, Charlie, Dieudonné et liberté d'expression

A mon sens, la clé réside dans la nuance capitale entre liberté d'expression et liberté d'opinion. La démocratie c'est la liberté totale et inaliénable de la liberté d'expression, et le contrôle (donc la sanction si besoin), dans le cadre décidé par la représentation du peuple, des opinions exprimées (comme l'antisémitisme, islamophobie, l'homophobie, je stop là, la liste est trop longue). Autrement dit, si la liberté d'Expression donne la POSSIBILITE à un individu de "déraper", elle ne lui en donne pas le DROIT. Toucher à cette notion fondamentale, qui pourrait être appliquée à chacune des libertés absolues connectés aux libertés relatives encadrant leurs "utilisations", c'est sortir du cadre démocratique.

Quand à "liberté de penser" c'est à mon sens un sophisme dans le sens où rien ne permet (encore) de lire dans les pensées des citoyens. Lorsque, usant de la liberté d'expression, nous verbalisons nos pensées, elles deviennent opinions et ce sont bien ces opinions qui nous engagent.


Partant de ce principe, il me semble qu'il est anti-démocratique de vouloir empêcher Zemmour, Charlie ou Dieudonné de s'exprimer et parfaitement démocratique de porter plainte contre eux si on estime que leurs opinions sont choquantes.

Encore faut il être capable de trouver le cadre jurique adapté.

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.