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Billet de blog 8 juillet 2008

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Médiapart, la démocratie, et les leaders d'opinions

A l’heure des Second life, Myspace, Facebook, et Weplug, Mediapart a été le premier journal en ligne à créer son propre réseau social. Il a, de fait, interpellé en premier lieu des leaders d’opinions en puissance dont il a sollicité les contributions pour élargir son public. Les abonnés « actifs » du Club sont dans l’ensemble des individus au fait de l’actualité, et pour un bon nombre dotés d’indéniables talents de plumes. Et nous vous avons demandé de devenir autour de vous des leaders d’opinions. 

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

A l’heure des Second life, Myspace, Facebook, et Weplug, Mediapart a été le premier journal en ligne à créer son propre réseau social. Il a, de fait, interpellé en premier lieu des leaders d’opinions en puissance dont il a sollicité les contributions pour élargir son public. Les abonnés « actifs » du Club sont dans l’ensemble des individus au fait de l’actualité, et pour un bon nombre dotés d’indéniables talents de plumes. Et nous vous avons demandé de devenir autour de vous des leaders d’opinions.

Au sein du Club, vous construisez tous les jours un espace de débats. La cohabitation de tant de leaders d’opinions dans une même enceinte peut parfois être explosive, mais c’est souhaitable. Ce qui ne l’est pas, c’est que le Club devienne un espace clos au public, ou pire le lieu de l’expression d’une pensée unique, quelle qu’elle soit. Tant qu’elle reste dans le cadre de la charte éditoriale de Mediapart, toute opinion a le droit d’exister. Tout autant qu’elle a le besoin d’être débattue, contredite. Aussi, le post de JNSPQD dans les commentaires à l’article Edwy Plenel roule-t-il pour Ségolène Royal, avait sa place, tout comme le billet de Serval : Ségolène Royal est-elle soluble dans l’acide ?.

Le concept de leader d’opinion a été théorisé par les sociologues américains Elihu Katz et Paul Lazarsfield dans les années 1940 à l’occasion de la première enquête de sociologie électorale de l’histoire. Pour eux, les électeurs évoluent dans des réseaux sociaux, au sein desquels ils sont soumis à des influences. Au cœur de ces réseaux, les leaders d’opinions sont des personnes qui, du fait de qualités objectives (un meilleur accès ou une meilleure connaissance de l’information…) et subjectives (une meilleure maîtrise du verbe et de la plume, un physique avenant…) disposent d’une légitimité au sein d’un public déterminé. Chacun de nous est confronté à différents leaders d’opinions en ce qu’il fréquente différents réseaux sociaux.

Dans un contexte de communication politique basée sur la propagande de masse, les sociologues avaient choisit la masse, comme objet de l’étude. L’enjeu de l’investigation était de définir comment la campagne présidentielle l’avait influencée. Mais ni les résultats recueillis par les sondages (ils inventèrent au passage la méthode du panel sur la base de la théorie des grands nombres) ne furent exploitables.

En grand chercheurs, Katz et Lazarsfield tireront les conclusions de leur erreur, et élaboreront une théorie du two-step flow communication. L’expression désigne la coexistence d’une communication verticale, de la sphère politique vers la société civile, et d’une communication horizontale, au sein de cette société civile. Ce que met en évidence ce nouveau paradigme, c’est que le vote est un choix socialement déterminé.

Dans un système libéral (politiquement s’entend), l’existence des leaders d’opinions est une condition d’exercice de la démocratie.

Plus de cinquante ans après sa publication aux États-Unis, Influence personnelle. Ce que les gens font des médias, de Katz et Lazarsfield, est traduit en français chez Armand Colin. Se replonger dans cette étude est salutaire à l’heure des médias participatifs et relationnels.

Un réseau social engendre ses propres leaders d’opinion. Mais sur Mediapart, aucun parti ni courant politique n’est dépositaire des valeurs qui animent le site : l’indépendance, la vérité. Aussi, tous ont le droit de s’exprimer. La liberté d’expression dont chacun bénéficie ne se limite pas au droit de publier un billet. Si le Club offre la possibilité de commenter ces billets, c’est pour que naisse un débat, que l’on puisse y apporter des compléments… pas pour que s’opère un lynchage de l’auteur ou du commentateur. Dés qu’une telle démarche commence, le débat meurt, et une parcelle de libre expression s’éteint avec lui.

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.