«L’Enfer du cuivre» et «Casseurs de Granit»: cimetières modernes

" Une civilisation qui s'avère incapable de résoudre les problèmes que suscite son fonctionnement est une civilisation décadente "Aimé Césaire La Galerie particulière vous invite du 26 avril au 28 mai à découvrir deux séries de : « L’Enfer du cuivre » et « Casseurs de Granit ». 

" Une civilisation qui s'avère incapable de résoudre les problèmes que suscite son fonctionnement est une civilisation décadente "

Aimé Césaire 

La Galerie particulière vous invite du 26 avril au 28 mai à découvrir deux séries de : « L’Enfer du cuivre » et « Casseurs de Granit ». 

Athlète burkinabé passé du sport à la chambre noire, ce photographe atypique nous décrit, empruntant la voie d’un récit abrupt dont la cohérence est maîtrisé, le caractère résolument auto-destructeur de l’économie de survie qui menace et détruit le continent africain. Enfer qui n’est pas isolé et tend à globaliser ses effets partout où la pauvreté et l’isolement économique et sociale sévissent dans le monde. Chaque enfer est particulier et celui-ci ne manque malheureusement pas d’arguments pour interpeller le visiteur.

Du Ghana au Burkina Fasso, nous rencontrons plusieurs générations d’extracteurs de pierre, de collecteurs de déchets... qui abîment leurs corps, défigurent leur patrimoine naturel. Agonie collective dont le bon sens ne peut cependant se convaincre ni croire qu’elle soit inéluctable.

Reste que tout ici réanime le spectacle impitoyable d’une Afrique acculée qui, prise dans de violentes contradictions et jetée dans l’oubli ou l’impuissance, sacrifie ses enfants et ses paysages sur l’autel de la mondialisation.

 

 

 

 

Chacun, privé de toute autre perspective d’avenir, use de l’infime et bricole ainsi dans un coin de quoi l’éloigner un fragile instant de la famine.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Décharges figeant l’horizon tout en rognant sur les terres cultivables, régions dépeuplées sous les effets d’une agriculture en perte de vitesse, cimetières d’ordinateurs et de pneus rejetant d’abondants et menaçants nuages de fumées toxiques... c’est au milieu de ce décor macabre que des milliers d’hommes et de femmes s’amassent chaque jour pour transformer, récupérer, extraire une matière (plastique, caoutchouc, PVC, cuivre, granit...) dominée au prix de conséquences irréversibles.

Le travail aliénant trouve là son expression culminante. Symbole et véhicule d’un danger sanitaire omniprésent, de ravages environnementaux, d’abrutissement à la tâche et d’extrême pénibilité... le travail juxtapose les contraintes et les négations de soi et de son milieu. Il ruine l’âme, asservit et instaure le règne de la nécessité au lieu de nous en écarter...

Nicolas Dutent

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jusqu'au 28 mai. La Galerie Particulière.

16, rue du Perche, 75003 Paris

Tel : +33 (0)1 48 74 28 40www.galerieparticuliere.com

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